Parce qu’il considère que l’arme à feu est un élément de stress pour beaucoup de personnes qui se font arrêter de manière routinière, le Parti vert propose de désarmer graduellement les patrouilleurs partout dans la province.

Enjeu de sécurité, enjeu de société, enjeu électoral

Depuis 1987, 136 personnes ont été tuées par les différents services de police à travers la province de Québec. La plupart vivaient en milieu de précarité et étaient aux prises avec des problèmes de santé mentale. Sans oublier les personnes racisées. En moyenne c’est près de cinq personnes par année qui tombent à la suite de bavures policières. Cette tendance augmente considérablement depuis quelques années. En 2017, c’est 14 personnes qui sont décédées lors d’interventions policières sur le territoire québécois. Ces chiffres sont préoccupants.

Il y a plusieurs façons de répondre à cette problématique. De plus en plus de groupes de citoyens s’organisent pour lutter contre les bavures policières, mais aussi l’injustice qui perdure par la suite. Ces groupes mettent à nu le système de (in)justice comme peu l’ont fait avant eux. Rappelons que dans la quasi-totalité des cas, aucune accusation n’est portée contre les policiers responsables de bavures qui coûtent la vie à des personnes innocentes. Le Parti vert du Québec a par le passé appuyé les initiatives des groupes préoccupés par le problème des violences policières, et réitère son appui à toute initiative allant en ce sens.

Au Parti vert du Québec, nous avons décidé de mener la lutte au niveau politique institutionnel, puisqu’aucun parti n’a le courage de le faire. En ce sens, nous avons inclus dans notre programme de Parti une résolution novatrice pour venir à bout de ce problème croissant. Cette proposition s’articule en deux temps.

Stage actif en milieu d’intervention psychosocial
Il est depuis longtemps admis par différents acteurs travaillant auprès des personnes en situation de vulnérabilité que les policiers sont mal outillés pour faire face aux situations de crise durant lesquelles ils sont appelés à intervenir. C’est pourquoi nous proposons que tous les policiers du Québec soient obligés de faire un stage de moyenne à longue durée – six mois à un an – en milieu d’intervention psychosociale. Il ne s’agit pas d’un stage d’observation, mais d’action. Autrement dit, les futurs policiers seraient appelés à prendre part activement aux décisions d’intervention comme c’est le cas pour les futurs intervenants psychosociaux. Ce stage devrait être effectué à la toute fin de la formation et accompagnerait les futurs policiers dans leur transition des bancs d’école vers le terrain.

Désarmons les patrouilleurs
Plusieurs corps de police dans le monde n’autorisent pas l’arme à feu pour les patrouilleurs. L’exemple de la Grande-Bretagne est probablement le plus éloquent. D’autres pays européens emboîtent le pas. Dans ces pays, le taux de criminalité reste relativement bas.

Au Parti vert du Québec nous proposons de désarmer graduellement les patrouilleurs partout dans la province. L’arme à feu est un élément de stress pour beaucoup de personnes qui se font arrêter de manière routinière. Elle l’est d’autant plus pour celles qui sont en situation de crise.

Nous croyons qu’avec une formation adéquate en intervention psychosociale, les policiers n’auraient pas besoin d’utiliser leur arme à feu pour contrôler des situations de crise. Cette décision du Parti vert du Québec s’inscrit dans la logique d’encourager une police de proximité. Si nous voulons qu’un lien de confiance soit établi entre les policiers et la population en général, mais encore plus les populations marginales, nous croyons qu’il est nécessaire de désarmer les patrouilleurs. Nous pouvons citer en exemple les policiers de la Ville de Trois-Rivières qui n’ont tiré aucun coup de feu de toutes les interventions recensées en 2017 sur leur territoire.

Adis Simidzija

Candidat du Parti vert dans Trois-Rivières

Responsable de la campagne «Désarmons les patrouilleurs du Québec»