Enfin, un geste pour la Palestine!

OPINIONS / L’auteur, Jean-Claude Landry, est président du conseil d’administration du Comité de Solidarité – Trois-Rivières.

Depuis 1977, à l’initiative de l’Assemblée générale des Nations-Unies, le 29 novembre marque la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Le choix de ce jour précis fait référence au 29 novembre 1947 alors que fut adoptée, aux Nations-Unies, la résolution de partage de la Palestine pour y créer un État juif et un État arabe. Un partage que le peuple palestinien a toujours perçu comme une confiscation de son territoire ancestral.

En marge de cette Journée, profitons du moment pour souligner un geste positif posé par le Canada en regard de la situation dramatique vécue par le peuple palestinien. Ce geste favorable à la cause palestinienne, une première en quinze ans, le Canada l’a enfin posé le 20 novembre dernier à l’Assemblée des Nations-Unies en votant en faveur d’une résolution (A/C.3/74/L.58) réaffirmant «le droit du peuple palestinien à l’autodétermination y compris son droit à un État de Palestine indépendant» et appelant «à apporter soutien et aide au peuple palestinien en vue de la réalisation rapide de son droit à l’autodétermination».

Dans son préambule la résolution rappelle que la «construction du mur par Israël, puissance occupante, dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, s’ajoutant aux mesures prises antérieurement, dresse un obstacle grave à l’exercice par le peuple palestinien de son droit à l’autodétermination» ainsi que «la nécessité de respecter et de préserver l’unité, la continuité et l’intégrité de l’ensemble du Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est».

Enfin, disons-nous! Le gouvernement canadien, qui fait preuve d’une retenue excessive quand il s’agit de défendre le respect des droits humains de la population palestinienne, a, pour une fois, choisi d’adopter une position plus équilibrée et plus conforme au droit international à l’égard du peuple palestinien.

Un peuple contraint de vivre sous occupation militaire israélienne avec son lot de privations multiples et de vexations quotidiennes et dont une partie vit toujours enfermée dans la bande de Gaza. Gaza, à propos duquel dès 2012 les Nations-Unies disaient craindre qu’il ne devienne un territoire invivable si le blocus imposé par Israël avec la collaboration de l’Égypte n’était pas levé.

Avec l’adoption par le Canada de cette résolution, avons-nous assisté à une situation d’exception ou à ce qui pourrait être l’amorce d’une nouvelle approche de la politique extérieure du Canada au Moyen-Orient? Souhaitons que ce soit cela.

Revenir à une position plus équilibrée à l’égard du conflit israélo-palestinien aurait l’indéniable avantage de corriger les incohérences politiques dont a fait preuve le Canada au sein des instances internationales en regard de la Palestine. Une attitude en porte-à-faux avec les fondements officiels de la politique extérieure canadienne.