Élu comme béni-oui-oui

OPINION / Voici qu’à Trois-Rivières des citoyens relancent l’idée de la nécessité d’avoir des partis politiques municipaux pour notre ville de région.

On nous dit qu’avec ça, le bon fonctionnement de notre ville serait sur les rails et que tous les élus s’entendraient sur des valeurs et des priorités communes.

À mon humble avis, c’est bien mal connaître l’humain.

Certes, un parti politique peut pour un certain temps rallier des gens avides de pouvoir et pour des causes particulières, mais cette avidité n’en sera que plus excitée lorsque dans la vraie vie politique, des choix devront de toute façon s’exercer.

Avez-vous imaginé voter pour un béni-oui-oui qui vous garantira l’absolue loyauté à un maître maire comme certaines villes ont dû composer il n’y a pas une décennie?

Les dangers de corruption des partis politiques au pouvoir ne sont plus à démontrer et la société parfaite demeurera un mythe éternel. Ça n’empêche pas qu’il faille y travailler sans relâche! Une vraie démocratie (toujours imparfaite) exige les débats transparents sur les intérêts de chacun pour faire naître l’intérêt du bien commun.

La formule est à la fois simple et complexe; sans débat et élaboration des idées qui soutiennent une position, les décisions demeurent souvent mystérieuses et d’intérêt douteux pour la collectivité.

Il faut toujours choisir le moindre des maux qui n’est jamais d’une claire évidence. L’actuelle formule municipale sans les partis politiques demeure cependant la meilleure à faire vivre adéquatement. C’est le rôle d’un maire, et là doit apparaître son leadership.

La vigilance et l’indépendance des élus demeurent notre meilleure garantie pour limiter cette dangereuse corruption qui ne cesse depuis toujours de vouloir pénétrer nos appareils de gouvernance du bien commun: le pouvoir financier et celui de diriger le peuple.

L’oligarchie est toujours le danger à éviter et l’organisation de l’appareil gouvernemental d’une collectivité en parti politique devrait être bannie à tous les niveaux.

L’Histoire nous a bien enseigné que les tyrans «preachers» naissent au sein des groupes qui n’ont pas le pouvoir et le courage de lui dire «NON» quand il le faudrait. Un conseil municipal doit toujours composer avec l’héritage du précédent pouvoir.

Alors, que les conseillers actuels s’organisent pour laisser un meilleur héritage aux générations qui s’en viennent.

Voilà l’ultime projet que les citoyens et les élus doivent avoir en tête et sur leur table de travail en tout temps, tout en gardant éloignés les corrupteurs de tout acabit et leur trafic d’influence financier.

La pollution n’est pas qu’écologique et la démocratie ne tient certainement pas dans la fabrication de partis politiques; bien au contraire. C’est là un faux débat et une perte de temps.

François Champoux

Trois-Rivières