Éducation à la citoyenneté

OPINIONS / Après avoir écouté l’entrevue réalisée par Catherine Gaudreault avec l’écrivaine Andréa Richard à la radio du 106,9 de Trois-Rivières, je suis impressionnée par l’affirmation des convictions de l’écrivaine et par la profondeur des dossiers qu’elle aborde et défend.

Je n’ai pas manqué de lire l’éditorial de Martin Francoeur sur le sujet et qui opposait le fondamental à l’inutile.

Même si ce que j’ai entendu sur la religion me questionne, je suis assez d’accord pour que ce sujet historique confirmé soit enseigné dans le cadre des cours sur l’Histoire. Que serait une grande part de l’architecture et des arts sans les organismes mus par l’une ou l’autre des religions créées par les hommes, sur un fond dogmatique au départ? L’humanité a besoin de croire en un au-delà ou tout au moins à un être supérieur même si les croyances engendrent souvent la guerre et les inquisitions. Beaucoup de parents catholiques et francophones ignorent le fondement ou la pratique de ces religions. Comment peuvent-ils en transmettre la connaissance? Il faut quand même constater qu’en majorité les parents juifs, musulmans, protestants et autres, demeurent actifs et avisés en ce domaine.

Le système scolaire du Québec a été tenu dans l’ignorance de son histoire durant plus de 25 ans. J’ai enseigné l’histoire (ou non) et aussi la formation personnelle qui a pris différents noms au cours de mes 42 années d’enseignement au primaire et au secondaire, dans diverses écoles au Québec, en France, auprès de différentes nationalités et confessions religieuses, entre autres chez les Autochtones du Grand Nord québécois.

Jamais je n’ai pu m’exprimer de la même façon et aborder le sujet de la religion, de l’amitié, de la citoyenneté, de l’actualité, de la sexualité de la même façon, devant les étudiants québécois. Au début, l’écologie se pratiquait. On en parlait peu. L’informatique, on l’enseignait dans les années 1990. On n’en voyait pas encore les dangers sociaux. Je m’adaptais à chacun de mes groupes et de leurs différents questionnements de vie. L’examen final de fin d’année du Ministère, de l’école ou d’une commission scolaire atteignait son objectif différemment.

La rigidité des programmes scolaires qui touche à une certaine liberté de pratique et d’expression me rend très mal à l’aise. Mes voyages à travers le monde m’ont appris que la morale (l’éthique) pouvait se comprendre et s’appliquer dans un sens souvent inconnu du Québec. J’admets cependant qu’un cadre est nécessaire mais dans la souplesse. Même la science évolue. Ce qui était admis et transmis comme une évidence ou une vérité change avec les découvertes de l’humanité. Combien, de jeunes ou adultes, n’ont pas la notion du bien ou du mal ? Qu’est-ce que le bien? Qu’est-ce que le mal? Ces notions existent-elles encore? Il y a le bien ou le mal appliqué dans le cadre de la justice légale (Québec-Canada) pratiquée par des hommes et des femmes de Loi. Autrement, dans la vie personnelle du citoyen, quelle en est la notion? L’enseignant reste un influenceur selon sa formation et son chemin de vie. C’est le risque à prendre. Un enrichissement, dans un cadre faisant appel au jugement en toute circonstance.

Je suppose que les rédacteurs du programme sur la citoyenneté ont assez d’expérience de l’enseignement au primaire et au secondaire, dans des situations et milieux différents pour affirmer leurs avancés auprès des jeunes québécois du secteur de l’éducation.

Louise Cloutier,

auteure, Trois-Rivières