Économie régionale: miser sur l’enseignement supérieur

Les auteurs, Mathieu Vigneault et Bernard Tremblay, sont respectivement pdg du Réseau Trans-tech et de la Fédération des cégeps du Québec.

Partout au Québec, des régions sont confrontées à des enjeux de dévitalisation caractérisés, entre autres, par un exode de la population, notamment des jeunes, le vieillissement de la population et une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Il importe de réinventer les modèles et de déléguer aux régions les leviers nécessaires pour qu’elles assurent elles-mêmes leur développement et leur pérennité, sur des bases plus diversifiées et durables.

Dans son discours de clôture du 5e Forum des idées pour le Québec, en septembre 2017, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard déclarait: «Vous voulez qu’on facilite, qu’on aide à vous mettre en réseau […] On n’a pas assez insisté sur un des principaux ingrédients, c’est un lien très fort avec nos institutions d’enseignement supérieur. On a un immense avantage au Québec. Je vous le dis parce que peu d’États, peu de nations ont cet avantage-là dans un territoire comme le nôtre. C’est d’avoir un réseau de collèges et d’universités régionales et, j’ajouterais, le formidable réseau des centres collégiaux de transfert technologique, Trans-tech, vous avez là une épine dorsale pour vous accompagner!»

C’est en faisant appel à la créativité que nous pourrons développer ensemble une nouvelle économie pour les régions; une économie basée sur les expertises et les savoir-faire développés par les acteurs régionaux. À l’ère de l’économie du savoir, l’innovation passe nécessairement par la formation et la recherche, mais surtout par notre capacité à transformer les fruits de cette recherche vers le marché. Ainsi, les établissements d’enseignement supérieur dans toutes les régions jouent un rôle stratégique pour favoriser la vitalité sociale, économique et culturelle de leur milieu. Ils constituent l’un des pivots du développement économique régional sur lequel prendre appui pour favoriser des initiatives et des actions concertées avec les acteurs de chaque région.

Pour accélérer le virage vers l’économie du savoir, il importe de promouvoir et de mieux coordonner les investissements publics en recherche au Québec. De même, à l’instar du Comité consultatif sur l’économie et l’innovation (CCEI), nous croyons qu’il importe de mailler plus étroitement encore les entreprises et les centres de recherche appliquée. Et ce, en misant sur l’excellence des centres déjà reconnus et en favorisant le regroupement des expertises d’ici à la faveur d’une approche matricielle. Ce qui signifie également qu’il faut favoriser la multiplication de projets interordre, CCTT-cégeps-universités en partenariat avec les PME.

Dans le cadre des consultations prébudgétaires, le réseau Trans-tech appuyé par la Fédération des cégeps et du Scientifique en chef du Québec ont déposé au gouvernement un important projet qui pourrait permettre aux régions du Québec d’avoir les outils et les moyens dont ils ont urgemment besoin pour faire face aux défis de la 4e révolution industrielle.