D’une manière ou d’une autre, la dictature de groupe…

OPINIONS / On a noté depuis quelques jours la préoccupation de personnes comme Jean Beaulieu, Stéphane Guay et Luc Gervais pour la création d’un parti politique municipal à Trois-Rivières qui en est orphelin. Les choses iraient-elles mieux?

En premier, on doit savoir qu’un parti politique ne garantit rien. Voyez ce qui est arrivé à Québec solidaire: favorable avant les élections de 2018 au compromis Bouchard-Taylor concernant les signes religieux chez les employés de l’État puis, d’un avis contraire après les élections, suite au dictat de son Comité de coordination nationale. J’en connais qui furent furieuses et furieux de leur avoir accordé leur vote.

Il en va ainsi des «dictatures de groupe»; expression demeurée présente au sein des commentatrices et commentateurs de l’actualité municipale trifluvienne à la suite de son usage par le maire Lévesque furieux (lui aussi!) de constater que le nouveau conseil élu en 2017 refusait de hausser les taxes, espérant peut-être mettre un frein momentanément à cette propension du premier magistrat de nous créer de la richesse à nous les contribuables; richesse qui n’était autre, bien souvent, que de la dette supplémentaire…

Il faut se souvenir de la lettre parue il y a quelques années de l’ancien greffier de la ville, Gilles Poulin, décrivant l’heureuse parcimonie du maire Guy LeBlanc suivie de la propension effrénée à dépenser qui s’était emparée de son successeur.

Et pour en ajouter à ce sujet, est-il besoin de spécifier que les administrations municipales au Québec sont réputées, par exemple, pour mieux payer leur fonction publique que celle de l’État, ce qui est une incohérence.

Quoi qu’il en soit, parti politique ou pas, on verra toujours des conseils municipaux errer plus ou moins selon les circonstances. En tout cas, ils sont sans doute venus à l’esprit de bien des gens, les mots d’ironie qui vont fermer ce dernier paragraphe. On se demande pourquoi plusieurs autour de la table du conseil de Trois-Rivières ont accepté sans trop s’en formaliser que l’un des leurs contamine leurs rapports en étant à la fois engagé dans leur équipe et attaché politique du député-ministre fédéral de la Mauricie? Eh bien, c’est simple, c’est qu’à Trois-Rivières, on est «open»!

Réjean Martin

Trois-Rivières