Le conseil de ville de Trois-Rivières

Du changement au conseil, oui mais...

Les Trifluviens ont procédé à une certaine relève de la garde lors des dernières élections municipales. Ils souhaitaient sans doute un changement important dans la gestion de la Ville et dans les manières de faire à Trois-Rivières. Donnons encore la chance aux nouveaux conseillers d’arriver et de faire leur marque. Mais il leur faut faire plus, beaucoup plus! Présentement, on peut observer certaines modifications que je considère plutôt d’ordre «cosmétique». Les séances du conseil sont diffusées sur le web! C’est moderne et ça permet à certains élus de saluer leur compagne en direct ou de lire en temps réel leurs messages textes. On a aussi restreint, semble-t-il, le nombre de billets de faveur auxquels les élus ont droit. Remarquez que je ne comprends absolument pas pourquoi un élu municipal n’aurait pas à payer ne fût-ce qu’une entrée à un spectacle présenté à Trois-Rivières. Pourquoi ce privilège? Parce que la Ville subventionne le culturel? Les élus municipaux sont déjà rémunérés pour leur travail et devraient payer leur entrée comme tout le monde.

Maintenant, passons aux vraies affaires. Est-ce que les nouveaux élus vont mettre leurs pieds à terre et véritablement changer les choses? Par exemple, est-il normal que sous le paravent d’organisme paramunicipal ou d’équivalent, les budgets du Grand prix ou de l’Amphithéâtre Cogeco soient interdits d’accès aux Trifluviens? Combien verse l’Amphithéâtre Cogeco à 45 Degrees pour la prestation d’une vingtaine de spectacles par année? Combien sont rémunérés les administrateurs de cet équipement? Les Trifluviens subventionnent lourdement de tels organismes; tous les chiffres devraient donc être accessibles aux citoyens payeurs.

Est-ce que les nouveaux élus sauront mettre un terme à ce scandale de gaspillage d’argent public qui suit chaque élection municipale? Connaissez-vous une seule organisation, institution, entreprise ou usine qui verse successivement deux primes de départ à la même personne qui quitte ou perd le même emploi? À Trois-Rivières, oui! Deux conseillers ont touché au cours des derniers huit ans deux primes de départ après avoir perdu leurs élections. Qu’attend le conseil municipal de Trois-Rivières pour décréter que tout élu municipal ne peut toucher une prime de départ versée par la Ville qu’une seule fois au cours de sa carrière?

Est-ce que les nouveaux élus sauront mettre un terme à cet abus des allocations de transition, encore une fois versées aux élus municipaux qui quittent? Qu’attend le conseil pour d’abord définir ce que l’on entend par «allocation de transition», c’est-à-dire, une prime devant assurer un soutien nécessaire à une personne pour se repositionner dans l’emploi. Dans ce cas, pourquoi verser une telle «allocation» à une personne, comme ça se fait à Trois-Rivières, qui touche déjà TROIS rentes de retraite, soit de la Ville (comme élu retraité), de Québec (RRQ) et d’Ottawa (PSV). Une règle simple ici: tout élu qui touche déjà une rente de retraite est exclu du droit à toute allocation de transition.

Les nouveaux élus vont-ils nous prouver la valeur des principes qui devraient guider leur action ou poursuivre cette immorale prédation de l’argent public à l’image de leurs prédécesseurs? J’ai bien hâte de voir...

Guy Godin

Trois-Rivières