Deux premiers ministres, deux réalités

OPINIONS / Pauvre Horacio... il n’est pas au bout de ses peines ni de ses inquiétudes. Il doit hausser le ton pour nous dire: «Écoutez-moi!» Il nous connaît bien, il sait que nous sommes des latins... «Viva la vida!» Nous avons été dociles pendant huit semaines, ça suffit! Avec la venue du beau temps, on veut aller jouer dehors.

Le déconfinement se fera graduellement, a-t-il dit. Il faut admettre que sa consigne est nébuleuse: rassemblement de dix personnes, trois ménages différents, trois adresses différentes, distanciation de 2 mètres pour former un grand cercle... On est loin du poêle barbecue. Qui ira dans les parcs, sur les plages, dans les cours, pour vérifier si la consigne est respectée? Il nous l’a dit: «si vous faites deux pas en arrière, nous reviendrons à la case zéro et devrons recommencer le confinement avant la deuxième vague prévue pour l’automne». On ne peut pas être plus clair et plus précis.

On se doit de louanger le groupe des trois composé du premier ministre du Québec, François Legault, du Dr Arruda, directeur national de la Santé publique, ainsi que de Mme McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux. Ils font un travail acharné.

On ne peut en dire autant du premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Ses conférences de presse quotidiennes sont endormantes. Sa voix est basse comme s’il était dans un salon mortuaire, le ton est toujours le même. Il ne gagnerait pas à un concours d’art oratoire. Il ne lit pas ses textes intelligemment. On dirait que c’est quelqu’un d’autre qui lui a dicté quoi dire. Aux questions des journalistes, il répond: «Nous réfléchissons là-dessus, nous travaillons sur ce plan ou sur ce projet... Il ne peut prendre position sur le problème entre les voyageurs qui perdent leur argent et Air Canada qui refuse de les rembourser à la suite d’un arrêt de service dû à la pandémie. Quelle mollesse!

Fini le temps des «selfies», il doit parler des vraies choses à présent.

Jocelyne Bruneau

Trois-Rivières