Des retraités prêts à aider

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / La pandémie de COVID-19 a démontré aux gouvernements qu’il fallait se munir d’une réserve très importante de médicaments, de masques et de respirateurs pour se prémunir contre une éventuelle autre pandémie respiratoire. La COVID-19 a aussi démontré que le système n’avait jamais pensé que le virus pouvait aussi s’attaquer aux travailleurs de la santé et créer là aussi une pénurie...

J’ai pris ma retraite en 2015 de l’urgence du centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières et deux ans plus tard, j’ai reçu un appel pour me demander si j’étais intéressé à revenir travailler. J’ai pris quelques jours pour réfléchir, à me demander si ça valait la peine de reprendre mon permis de l’ordre (500 $ environ) étant donné la piètre performance de la liste de rappel et la non-garantie de travailler suffisamment pour le rembourser. J’ai donc rappelé pour finalement me faire dire: on n’a pas besoin de personnel présentement! Et on m’offrait un rôle d’aide soignant, soit se payer un infirmier et son expérience pour la moitié du prix!

Donc, si tous les jours des infirmières sont obligées de faire du temps supplémentaire obligatoire (TSO) et que quelqu’un est prêt à venir en renfort pour les soulager un peu, on n’en a pas besoin. Pourtant, si le ou les CIUSSS gardaient en réserve des retraités de tous les corps de métiers qui, comme moi, auraient été disponibles quelques jours par année pour soulager le fardeau et constituer une réserve opérationnelle mobilisable en quelques jours, nous n’en serions pas rendus là aujourd’hui.

Le gouvernement veut de l’aide et la machine est tellement lourde que rien ne bouge alors qu’une troupe de retraités à temps très partiel aurait pu agir sur-le-champ.

Il faut repenser toute la machine et voir avec les syndicats le moyen d’incorporer les retraités volontaires sans brimer les réguliers et s’en faire une force expérimentée, disponible et prête à aider. Des solutions simples à des problèmes trop compliqués pour la lourdeur du système, c’est ce dont on aurait besoin.

Jean-Noël Béliveau

Trois-Rivières