Des promesses écologiques sérieuses

OPINIONS / Jusqu’à maintenant les engagements des partis politiques concernant les problèmes climatiques et environnementaux ne sont que des promesses de cibles à atteindre dans les décennies à venir: carbone neutre, émissions de GES réduites à tel ou tel seuil dans 15, 20 ou 30 ans. Pourquoi un citoyen croirait-il à de telles approximations? Ce n’est pas très sérieux. Que devrait promettre, alors, un parti politique pour qu’il mérite aux yeux d’un écologiste inquiet une véritable crédibilité? Réponse: des engagements précis à légiférer dans l’immédiat pour un changement concret de comportement et de mode de vie de la population. Quoi annoncer et garantir? Je donne juste trois exemples de législations efficaces:

1 - Interdire certaines publicités comme l’ont fait plusieurs pays dans les années 80 pour combattre le tabagisme. Au Canada, on est passé en 20 ans de 50 % de fumeurs à moins de 17 %. Cette coercition fut opérante. Pourquoi, alors, ne pas s’en prendre à l’automobilisme, le plus important responsable des GES. C’est clair et simple: interdiction de faire de la publicité pour quelque marque et catégorie de voiture que ce soit, sauf pour les véhicules hybrides et électriques; et encore! Ce qui aurait pour effet une utilisation accrue des transports en commun et un allant pour les déplacements actifs.

2 - Obligation de bien étiqueter sur chaque produit son degré de recyclage écologique pour que le consommateur soit clairement informé pour chaque produit acheté de la teneur réelle de la contamination ou de la pollution ou non du produit consommable, et de sanctionner, cela va de soi, les producteurs contrevenants comme on le fait pour l’alcool et les cellulaires au volant. Informer et être informé, c’est être responsable. Diffuser ces savoirs sous toutes ses formes.

3 - Ce qui implique naturellement que l’on investisse, enfin, dans les usines de tri et de recyclage de toutes sortes et que l’on se défende d’exporter nos déchets. Par exemple, quand il est bien indiqué sur un contenant qu’il est recyclable à 100 %, il faudrait qu’il le soit effectivement à 100 %, donc totalement recyclé, ici, autant que possible. Il nous faut donc investir et construire pour que cette salubrité normalement écologique soit respectée. Cela crée de l’emploi… Les coûts devront être calculés comme il se doit et assumés autant par les producteurs que par les consommateurs.

Ne pas oublier que la cause directe de nos problèmes écologiques est la croissance de la production et de la consommation. Je ne vois pas d’autres freins à cette croissance que des législations appropriées. On passerait alors – car il le faut bien – de l’incitation à la coercition comme on l’a fait pour la ceinture de sécurité, le masque des gardiens de but, la publicité sur le tabac, le port du casque en moto et quoi encore. Les comportements divers des individus ne sont pas tous innés, bien au contraire, ils sont acquis par l’éducation et le conditionnement, et ce, à tout âge.

Jacques Senécal

Nicolet