Des clichés surannés sur pancartes

Nous irons aux urnes municipales le 5 novembre pour exercer notre droit et privilège de suffrage. Notre vote départagera l’action politique solide et intelligente de la léthargie du «On a voté pour lui la dernière fois, on continue», «Yé bien fin» ou «Est si fine»!

Le raisonnement derrière nos choix politiques municipaux doit être étayé et solidement enraciné dans nos convictions et non influencé par des images figées. Jusqu’à maintenant, le processus démocratique de Trois-Rivières s’est déroulé très faiblement. Sommes-nous vraiment informés comme votants? 

Où s’expriment les visions politico-économico-sociales chez nous? Où sont les idées novatrices, les projets verts, l’avenir de nos enfants? Où pouvons-nous questionner les candidats? 

Seulement sept candidats sur 44 présentent leurs idées de façon détaillée sur un site web (Jean-François Aubin, Maryse Bellemare, Claude Ferron, Alain Martel, Nicolas Mêlé, Mariannick Mercure, Valérie Renaud-Martin). Pour certains autres (24 candidats), nous devons nous rabattre sur leur page Facebook présentant souvent peu de contenu, sur des dépliants ou accroche-portes déposés à notre domicile ou sur les quelques mots échangés dans le cadre d’une porte. 

Quant au reste des candidats, ils sont carrément absents des médias électroniques. On est en 2017! C’est inadmissible!

Et que dire des formules creuses des slogans: Pour un quartier dynamique, familial, convivial: comme si nous étions autrement? Continuons ensemble! Quoi au juste? Formons une grande famille dans le district? Lâchez la facilité de la corde vibrante de la famille. Le petit qui voit grand? De quoi parle-t-on au juste? J’y ai grandi… je m’investis. Comment grandir quelque part fait de quelqu’un un bon candidat? 

Quant aux slogans des trois prétendants à la mairie: Un regard neuf sur le futur; l’autre: Une ville forte; et le troisième: Une ville pour tous... L’art consommé d’éviter tout débat en patinant sur du déjà vu! On est tous d’accord pour la nouveauté, l’avenir et la convivialité! 

Ces trois slogans des candidats à la mairie sont insipides et surexploités depuis nombre d’années. 

J’aimerais savoir comment chacun des candidats à la mairie s’investira, par exemple, dans la protection des rives, dans le difficile virage écologique quant aux transports en commun, dans une qualité de vie de quartier. 

Ces candidats sont-ils si haut perchés qu’ils continuent à ignorer la circulation trop lourde dans les quartiers où vivent des centaines d’enfants, d’aînés, de marcheurs, des cyclistes, de coureurs… Les villes se transforment! Notre ville aussi. Le savent-ils?

Les candidats à la mairie emboîteront-ils la cadence du monde du 21e siècle? Les énergies renouvelables, les trains de banlieue, les espaces urbains pour les humains, non pour les voitures, etc. Aurons-nous un leadership signifiant, protégeant par-dessus tout l’avenir et la viabilité des quartiers en santé? Je n’en ai aucune idée! 

Comment se fait-il qu’il n’y ait eu aucun débat de fond entre les trois candidats à la mairie? Pourquoi le maire sortant ne défend-il pas ses couleurs politiques, son poste? Est-ce de l’arrogance, de la suffisance?

Comment choisir la candidate ou le candidat qui saura réfléchir par en avant et faire équipe sans infléchir d’où souffle le vent politique ? 

Je nous exhorte tous à sortir du silence pour exercer notre privilège de citoyens en votant pour ceux qui ont une vision humaniste de la politique municipale. 

On n’est plus à l’âge de se faire acheter par des boniments. Ça suffit les phrases toutes faites, les compromissions et la politicaillerie de bas niveau! 

Diane Dupras 

Trois-Rivières