Déneigement: entre sécurité et appât du gain

Les gouvernements municipaux et provinciaux sont élus par des citoyens. Une de leurs obligations est de voir à la sécurité de leurs citoyens. L’hiver, ces gouvernements pensent à la sécurité routière de leurs citoyens, mais paradoxalement donnent à contrat l’entretien des différentes routes.

Paradoxalement, car c’est un paradoxe, le contracteur, lui, saisit le contrat pour obtenir un revenu le plus élevé possible. Il a donc intérêt à y mettre le moins d’heures (salariés), le moins d’énergie (camions, outillage et autres équipements) et le moins de matière (sel, sable et autres), pour qu’à la fin de l’hiver, il lui en reste le plus possible dans ses poches. 

De plus, les contrats sont attribués au plus bas soumissionnaire, l’enveloppe est donc mince, il doit ménager au maximum pour qu’il lui en reste personnellement. 

Il ne faut donc pas se surprendre qu’il y ait tant de sorties de routes, d’accidents et autres inconvénients routiers.

Qui dit accident dit des citoyens qui perdent la vie, ou deviennent handicapés à vie ou gravement blessés, donc des pertes de jours de travail, des pertes de véhicules et le plus souvent des augmentations de primes d’assurances personnelles. 

La situation est telle que le citoyen paye des impôts et des taxes pour des services censés, entre autres, assurer sa sécurité dans ses déplacements, mais
ce n’est pas le cas. Il vient à réaliser qu’il n’y en a pas et qu’il prend la route à ses risques et périls lorsqu’il va travailler, faire des courses ou pour ses loisirs, etc. 

De plus, j’ai appris qu’il faut une certaine épaisseur de neige pour que les déneigeurs travaillent, alors que c’est le moment le plus sensible, celui de la glace noire, ou de la neige fraîche qui se transforme vite en glace après deux ou trois passages d’automobiles. Mais où a-t-on la tête?

Ceux qui doivent s’assurer de notre sécurité (les gouvernements) la bradent à des tiers (les entrepreneurs) qui n’en ont rien à cirer, pourvu qu’ils s’emplissent les poches en faisant semblant d’entretenir les routes. 

Il ne faut donc pas se surprendre que les gens aient peur de prendre la route l’hiver, peur aussi de se retrouver dans une cacophonie comme le 14 mars dernier. 

C’est à brailler de rage. Heureusement, tous ne sont pas comme ça, n’en faut-il pas moins de 5 à 10 % pour gâcher la sauce… Si la vie vous intéresse…

Claude G. Genest

Trois-Rivières