Déçu de cette campagne

La campagne électorale n’est pas encore terminée mais je peux dire que je suis déçu de la tournure des choses. Encore une fois ce sont les médias qui en ont pris le contrôle et l’interprètent à leur façon. On oublie trop souvent les annonces ou les interventions sérieuses des chefs pour ne poser des questions que sur les incidents extérieurs.

Quel est l’intérêt pour nous de savoir si un candidat en 2011 a eu une contravention ou qu’un autre a écrit une chose sur une page Facebook en 2007? Est-ce que ça l’empêcherait d’être un bon candidat ou une bonne candidate? Je crois qu’il en revient aux électeurs d’en décider.

Après avoir écouté les trois débats, je crois sincèrement que Jean-François Lisée s’est démarqué et nous a présenté le meilleur programme. Il est malheureux qu’encore une fois, on ait retenu que la question – bien légitime – qu’il a posée à Manon Massé dans le troisième débat, un geste courageux que personne n’avait osé faire à propos du vrai chef de Québec solidaire. Ça s’annonçait une belle confrontation, mais il a fallu que Pierre Bruneau, voulant être la vedette de la soirée, s’en mêle et mette des bâtons dans les roues à monsieur Lisée pendant une bonne heure en l’empêchant de terminer ses énoncés. C’était pathétique. Et encore récemment, les médias parlaient toujours de cet événement pour discréditer monsieur Lisée et encenser le chef de la CAQ. Ce dernier, à part lors du dernier débat où il a fait un acte de contrition, a été vraiment brouillon et n’impressionnait guère avec son style à la Maurice Duplessis.

Pour M. Couillard, c’est drôle qu’il ne dise pas que QS veut détruire le Canada. Elle est tellement cool, la madame... Voter pour la CAQ par dépit ou par stratégie pour se débarrasser des libéraux, c’est pas fort. Et avec QS qui pousse le populisme à l’extrême et qui ne propose rien de sérieux, c’est probablement le meilleur moyen de reporter les libéraux au pouvoir.

J’espère que mes amis souverainistes y réfléchiront deux fois avant de poser un geste qu’ils pourraient vite regretter. Je leur rappelle qu’ils ont déjà le meilleur parti avec la meilleure équipe pour défendre les intérêts du Québec et le faire avancer. Je termine en citant Joseph Facal qui disait: «le meilleur ne gagne pas toujours». Il y a de meilleures façons d’avoir du changement et élire un gouvernement minoritaire en est une.

Nous sommes dus pour un bon brassage d’idées et une bonne coalition pourrait en être la solution.

Gaston Bouffard

Shawinigan