De quel changement parle-t-on?

Lorsqu’on parle de changement en politique, il y a différentes façons de l’aborder. L’une est de mettre dehors les libéraux après 15 ans de règne et présenter la CAQ comme alternative pour ce changement tant souhaité. C’est la façon qui a cours ces temps-ci. Pour ma part, leurs plateformes électorales m’apparaissent similaires et me fait dire que ce changement consiste à monnayer le dollar pour quatre vingt-cinq sous. L’un défend son bilan et l’autre fera mieux. Quant au PQ, il louvoie du mieux qu’il peut sans son projet d’indépendance en suspens qui ressemble à une voiture sans ses roues. Ce contexte prête flanc à des propos démagogiques qui suscitent la peur de l’Autre.

Et Québec Solidaire (QS) dans tout cela? Selon des dires, c’est un parti sympathique fait de «pelleteux de nuages» qui ont l’utopie de changer le monde. Si utopie veut dire un rêve difficilement réalisable, j’en suis. Si les Casgrain, Lesage, Lévesque, Lajoie, Bourassa, Castonguay, Payette, Parizeau... n’avaient pas rêvé contre vents et marées, que serait notre Québec d’aujourd’hui? Ces personnes d’exception ont une qualité commune... celle du courage! Une vertu qui se fait rare de nos jours.

Or, QS a une plateforme innovante, audacieuse et ferme surtout concernant la lutte aux changements climatiques dont les conséquences irréversibles pointent dans un proche horizon. Que l’on veuille ou non, la lutte aux changements climatiques représente un défi immense qui nécessite un virage tous azimuts. Ici, il ne s’agit pas de «mesurettes» mais d’une vision à réaliser sur des décennies vers une transition énergétique. L’accessibilité, la généralisation et l’électrification du transport collectif; la rigueur et la sévérité des normes environnementales pour l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles sauf pour les matières fossiles et l’uranium qui seront interdits; les mesures incitatives à de nouvelles pratiques agricoles axées sur la culture biologique, l’achat local et la relève sont quelques assises à cette révolution énergétique.

Là on est loin des prises de bec portant sur le seuil d’accueil des immigrants, l’inconvenance des propos de candidats dont on exige leur démission et quoi encore! C’est de la petite politique qui galvanise les médias à sensation au détriment du contenu et qui nourrit le cynisme des électeurs. Comme citoyen qui se veut responsable, je refuse que mon vote se réduise à de telles futilités pour un soi-disant changement.

Que penser des 12,9 milliards $ à trouver pour la réalisation de la plateforme solidaire, dont la révolution énergétique du 21e siècle? De prime abord, cela donne froid dans le dos et mérite réflexion. Est-ce que la révolution tranquille des Lesage, Lévesque, Lajoie et autres ont coûté des «peanuts»? Est-ce que l’extinction des feux de forêt en Colombie-Britannique et en Alberta a coûté des «peanuts»? On trouve bien de l’argent quand il le faut!

Le 1er octobre prochain, Québec solidaire nous convie à s’engager avec courage à la révolution énergétique. Et j’y serai... solidairement!

Yvon Pinet

Trois-Rivières