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De pollueurs à leaders

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OPINION / La politique est un mélange de vision stratégique, de capacité d’influence et de pouvoir décisionnel.

Pour le Jour de la Terre, le président américain Joe Biden a animé le Sommet des dirigeants pour le climat dans le but de montrer l’importance qu’il accorde aux changements climatiques (vision stratégique), faire preuve de leadership en dotant les États-Unis d’une nouvelle cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) afin de convaincre d’autres chefs d’État d’être plus ambitieux (capacité d’influence), dans le but que des décisions efficaces puissent être prises lors de la COP26 prévue à l’automne prochain (pouvoir décisionnel).

Les 40 États responsables de 80 % des émissions de GES étaient donc en visioconférence cette semaine. Pour les États-Unis, la nouvelle cible de réduction est de 50 % des GES par rapport à 2005 d’ici 2030, alors que Justin Trudeau annonçait une fourchette de 40 à 45 % pour le Canada. Si le Royaume-Uni s’est avancé pour une cible de 78 % d’ici 2035, la Chine, responsable de 26 % des émissions de GES mondiaux, a réitéré ses engagements de carboneutralité pour 2060, sans préciser de cibles.

La reconnaissance d’un problème et son inscription à l’ordre du jour politique est la première étape pour tendre vers des solutions. Les cibles confirment cette reconnaissance politique : les changements climatiques représentent l’un des plus importants enjeux du XXIe siècle. Cela étant dit, quelles mesures les dirigeants prendront-ils pour obtenir les résultats attendus?

Le Canada a plusieurs défis, mais aussi de belles cartes dans son jeu. Parmi les défis, Ottawa doit agir que dans son champ de compétences et convaincre les provinces d’en faire autant. Or, le 25 mars dernier, la Cour Suprême a confirmé la constitutionnalité de la Loi sur la tarification du carbone, en plus d’affirmer que l’intervention du fédéral avec cette mesure est indispensable pour la lutte contre les changements climatiques. Une carte atout, comme on dit.

Ottawa pourrait aussi donner suite à la recommandation du Bureau du vérificateur général (rapports de 2017 et 2019) qui estime que le ministère des Finances du Canada faillit à sa tâche d’évaluer l’efficacité des subventions fiscales aux combustibles fossiles. Un plan pour éliminer progressivement les subventions à l’industrie des combustibles fossiles, accompagné d’une transition économique pour les provinces qui sont dépendantes des revenus de ce secteur pourrait donner des chances pour l’atteinte des cibles de réduction de GES.

En terminant, il est du pouvoir du fédéral de rendre son réseau ferroviaire performant pour ajouter cette option aux transports collectifs. Ainsi, en priorisant les secteurs de l’énergie et du transport par des mesures rationnelles et efficaces, le Canada pourrait faire partie des leaders pour le climat.

Lauréanne Daneau

Directrice générale, Environnement Mauricie