De l’argent public pour un Grand prix d’hiver en contexte d’urgence climatique: non merci!

OPINIONS / Feux de forêts, inondations, sécheresses, cancers, infarctus, pauvreté des sols cultivables, canicules, maladie mentale, sixième extinction de masse… Ce constat mondial est le résultat d’un développement économique qui en veut toujours plus sans prendre soin de l’essentiel. Il est pourtant simple, mais surtout urgent de comprendre qu’on ne peut plus se permettre d’ajouter de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère si on tient à la vie.

Dans ce contexte, comment la Ville de Trois-Rivières peut-elle justifier d’octroyer 100 000 $ d’argent public en subvention pour un événement aussi polluant qu’un éventuel Grand Prix d’hiver? En nous faisant miroiter qu’il s’agit d’une contribution qui servirait à animer le centre-ville durant ces événements plutôt que de financer directement les courses? Sachez que nous ne sommes pas dupes de cette supercherie marketing!

Continuer obstinément sur ce vieux credo, marteler que tous nouveaux projets émetteurs de GES sont légitimés par les sacro-saintes retombées économiques, résonne comme une aberration. Faire perdurer cette croyance que quand l’économie va tout va relève de la vieille politique, d’une mentalité si enracinée qu’elle n’a malheureusement plus la lucidité et la liberté nécessaires pour prendre des décisions conséquentes.

Nous vivons une époque critique de la vie humaine sur terre, c’est maintenant scientifiquement indéniable. Nous avons plus que jamais besoin de représentants courageux qui assumeront ce que les bouleversements climatiques imposent dès maintenant. Réorienter des budgets vers les projets associés aux réductions de GES, comme le transport en commun, investir dans des projets carboneutres et accroître la participation citoyenne doivent impérativement devenir les nouvelles orientations de nos conseils municipaux.

En décembre 2018, Trois-Rivières a appuyé la Déclaration universelle d’urgence climatique. Les gestes doivent maintenant suivre les intentions. Encourager un projet comme le Grand prix d’hiver est incohérent avec cette reconnaissance de l’urgence d’agir. Est-ce que le conseil de ville de Trois-Rivières saura être à la hauteur des gestes courageux qu’exigent les bouleversements climatiques actuels? En cette période de crise climatique, les interventions nécessaires sont du même ordre qu’en temps de guerre. Il est grand temps d’agir de façon responsable pour le bien commun!

Véronique Houle

Étudiante en sciences infirmières à l’UQTR