La Coalition avenir Québec a tenté de «faire du pouce» sur cette détestation des CHSLD en annonçant une révolution: les Maisons des aînés.

De CHSLD à Maison des aînés...

Quand on parle en public, il y a des gens et des institutions qui, si on les attaque, nous assurent de l’approbation des bien-pensants: les bé-esse (assistés sociaux), les fonctionnaires, les cégeps, de façon récurrente, et, plus récemment, les Centres hospitaliers de soins de longue durée (les CHSLD). Entre autres, on se rappellera le scandale des «patates en poudre».

La Coalition avenir Québec a tenté de «faire du pouce» sur cette détestation des CHSLD en annonçant une révolution: on va remplacer cette institution haïssable par une nouvelle chose: les Maisons des aînés. Et pour ça, on va dépenser des centaines de millions qui iront se perdre «dans le béton».

Supposément, le milieu des Maisons des aînés sera bien plus humain que celui des CHSLD: taille plus modeste, approche plus humaine, médicalisation réduite, espaces climatisés, etc. etc.

En réalité, qu’est-ce qu’on peut dire des CHSLD? À ce que j’ai vu de mes yeux, il y a là :

- plein de travailleurs et de travailleuses de bonne volonté épuisés par les coupures répétées qui ont culminé avec la fameuse austérité libérale et, plus récemment, par le manque de main-d’œuvre;

- des bénéficiaires en fin de vie dont les capacités physiques et/ou cognitives sont très diminuées puisque le CHSLD est la fin de la route qui nous attend tous;

- question médicalisation, je n’en ai pas vu.

Avec ma famille, nous avons vécu le parcours de notre père en CHSLD (Centre Cloutier Du Rivage, troisième étage). Tout au long de son séjour, il a bénéficié de soins aimants donnés par des gens hautement professionnels qui nous ont toujours informés des développements de son état et qui nous ont associés aux décisions que ce dernier requérait.

À la fin de son parcours, le personnel a été respectueux, attentionné et compatissant pour lui comme pour nous, qui par moments en avions bien besoin.

Quand on voit l’état des pensionnaires des CHSLD, je doute fortement qu’on puisse transformer les institutions qui les reçoivent en «Club MED» et le personnel en cheerleaders. Il me semble que l’argent devrait être consacré à améliorer ce qu’on a déjà et qui pourrait tellement mieux fonctionner si on faisait l’effort. Si c’est le nom qui pose problème, changeons-le: mon père aurait terminé sa vie dans la Maison des aînés Cloutier Du Rivage, tout simplement.

En terminant, pour revenir aux scandaleuses patates en poudre, une intervenante me disait qu’une raison, peut-être pas la seule, qui justifie l’utilisation de purée de pommes de terre instantanée (c’est le nom) est qu’elle assure que le produit ne contiendra pas de grumeaux avec lesquels des pensionnaires qui ont des problèmes de déglutition (comme c’était le cas pour mon père) pourraient s’étouffer.

René Hould

Trois-Rivières