Dans un futur rapproché

OPINIONS / L’après-crise de la pandémie, ce ne sera plus comme avant.

En lien avec les nombreuses mortalités qui découlent de la COVID-19, il y a lieu de penser que l’incinération, les mausolées et les cimetières virtuels seront privilégiés. Présentement, dans le monde entier, les salons funéraires sont débordés. Des corps congelés remplissent des entrepôts frigorifiques, en attente pour l’enterrement. À New York, des corps non réclamés sont enterrés dans des fosses communes par des prisonniers en toute urgence pour éviter la contagion.

Dans beaucoup de cimetières il y a un manque de place, et cela semble poser problème. Dans certains pays, les médias nous montrent une empilée de corps et une filée de cercueils, c’est d’une tristesse inouïe! Je pense que dans un futur peut-être pas si lointain, l’incinération pourrait devenir obligatoire et les cimetières et mausolées virtuels de plus en plus prisés, parce que plus «humanisés»! Par exemple, pour des souvenirs plus vivants, sur des serveurs informatiques, les dossiers fournis par monsieur et madame Tout-le-monde tels un enregistrement audio, des photos de mariage, une courte biographie, une copie de leur acte de naissance et plus encore pourraient assurer leur mémoire.

Cependant une entreprise privée qui s’occuperait de réaliser ces mémoriaux, avec la meilleure volonté du monde, ne peut pas garantir la pérennité. Historiquement, les municipalités sont les organisations qui durent le plus longtemps. Voilà pourquoi, en 2012, monsieur Michel Virard de Montréal, directeur de la compagnie Immortels, s’est joint à moi dans une rencontre avec le maire de Trois-Rivières du temps, monsieur Yves Lévesque, et celui-ci s’était montré intéressé à un tel projet. Le greffier de la Ville de l’époque, Me Gilles Poulin, avait alors fait valoir qu’il faudrait se tourner vers le gouvernement provincial pour voir s’il ne pourrait pas confier ce pouvoir aux municipalités. Pour Me Poulin, cela pourrait permettre d’éviter que le service offert soit différent d’une municipalité à l’autre et, toujours selon lui, le Directeur de l’état civil s’occupe déjà de données personnelles concernant la vie des individus.

Le concept de cimetière virtuel est semblable à celui des cimetières actuels. De leur vivant, des personnes pourraient en quelque sorte réserver leur «lot» et obtenir de l’aide de professionnels pour créer le matériel qui sera placé sur cet espace, par le biais de l’informatique.

Monsieur Virard, sur le site Immortels.ca, a déjà produit des vidéos et moi des biographies, en vue du cimetière virtuel déjà sur Internet.

Ce service a aussi ceci de particulier, il vise à démocratiser la mémoire du défunt puisque tout individu, riche ou pauvre, peut témoigner de son histoire, ce qui était auparavant un privilège souvent réservé aux personnalités publiques ou célébrités. Mais aujourd’hui qui fera appel aux décideurs du gouvernement provincial? Je me demande si le conseil municipal actuel pourrait être intéressé à faire des pressions en ce sens?

Selon moi, l’idéal pour cette réalisation, ce sont les municipalités. Notre citoyenneté est déjà archivée, notre appartenance à une ville ou un village est choisie avec fierté. Si les villes prenaient en charge cette responsabilité, l’accès serait plus facile pour les gens des générations futures qui voudraient y référer. Nous avons déjà tout en main pour cette réalisation, il ne s’agit que d’une volonté politique pour en voir le résultat. La modernité et le virtuel étant en vogue, les modes de vie et les événements pourraient faire en sorte que cela arrive plus tôt que prévu! C’est l’avenir qui le dira.

Andréa Richard

Trois-Rivières