PHOTO Robert Skinner, LA PRESSE - Oka, Québec Visite a la plage du Parc national d'Oka. - SAMEDI 04 JUILLET 2020 - # P-ACT-2020-07-04-17120
PHOTO Robert Skinner, LA PRESSE - Oka, Québec Visite a la plage du Parc national d'Oka. - SAMEDI 04 JUILLET 2020 - # P-ACT-2020-07-04-17120

COVID-19: distanciation douteuse!

La justification du maintien des mesures de distanciation a de quoi semer le doute dans l’esprit de toute personne le moindrement bien informée.

Rappelons-nous ce que disaient le Dr Arruda et le premier ministre Legault, fin avril dernier: «Actuellement, ce qu’on sait, c’est qu’on est en présence d’un virus contagieux, que 97 % des gens qui sont décédés de la COVID-19 étaient âgés de 60 ans et plus et qu’aucun vaccin ne sera disponible avant un ou peut-être même deux ans. Ainsi, il faut prévoir de rouvrir des activités graduellement, et ce, pour qu’on se donne une immunité naturelle et collective.» (François Legault, 23 avril 2020).

«Si tout le monde reste chez soi, cela ne va pas évoluer. L’idée est d’y aller graduellement pour que les personnes qui ne sont pas à risque soient immunisées. Il faut profiter des prochains mois pour déconfiner graduellement surtout que le virus de la grippe va venir s’y ajouter l’automne et l’hiver prochains.» (Horacio Arruda, 23 avril 2020).

Deux jours plus tard, l’Organisation mondiale de la Santé mettait en doute l’immunité des personnes guérie de la COVID-19 et on a cessé d’entendre parler d’immunité naturelle et collective au Québec. Mais aujourd’hui, le doute est-il encore raisonnable alors que les premières guérisons ont eu lieu il y a plus de six mois et que l’on compte près de six millions de personnes guéries sans réelles rechutes? Les recherches récentes indiquent que non.

On nous dit maintenant qu’il faut maintenir la distanciation, et même se laisser imposer de nouvelles mesures, pour prévenir une deuxième vague cet automne. C’est pourtant exactement le contraire de ce que disait le Dr Arruda en nous expliquant pourquoi il pourrait y avoir une deuxième vague l’automne prochain: «Tout porte à croire, d’après les historiques des virus respiratoires de cette sorte, que le virus n’est pas disparu et qu’il n’a pas contaminé probablement suffisamment de personnes pour dire qu’il ne pénétrera pas le Québec à nouveau. Donc, je suis convaincu à 95 % [qu’il y aura une deuxième vague]» (Horacio Arruda, 16 juin 2020).

Les propos du Dr Arruda et du premier ministre Legault, confirmés récemment par des experts, m’ont convaincu que ralentir la propagation, à ce stade-ci, prolonge l’épidémie, augmente les risques d’une deuxième vague cet automne et force les personnes vulnérables à se confiner plus longtemps.

Est-il encore raisonnable de ne pas laisser l’immunité naturelle progresser dans la population, puisque l’on pourrait alors concentrer nos efforts sur la protection des personnes à risque?

Normand Godbout

Sherbrooke