Coopératives d’hier et d’aujourd’hui

OPINIONS / De la fondation le 6 décembre 1900 de la première caisse d’épargne en coopératives financières Desjardins à Lévis, aux guichets automatiques du siège social du Mouvement Desjardins de Montréal après l’an 2000, il y a eu changements de direction… et de vocation première.

Le centenaire du Mouvement des caisses avait alors été souligné et marqué de la retraite de Claude Béland après trois mandats consécutifs à la présidence depuis 1987.

Et dimanche, les médias nous apprenaient le décès à 87 ans de ce grand homme. De partout, au Québec, les hommages n’ont pas tardé.

Comment ajouter un modeste merci? En lisant le lendemain une réflexion qui était rapportée d’une entrevue au magazine L’Actualité en 2012, comment ne pas y voir une application récente toujours actuelle? Il disait: «Les entreprises proprement capitalistes sont des associations de capitaux, tandis que les coopératives sont des associations de personnes. L’objectif n’est pas du tout le même. » Il n’y a pas si loin, dans Le Nouvelliste du 20 novembre, en page 15, au sujet de la reprise des journaux de Groupe Capitales Médias, sous un gros titre, «Québec mise sur le projet de coopératives», on nous informait entre autres que «le financement du projet des six coopératives n’est pas encore attaché. Après voir fait partie des discussions, le Mouvement Desjardins s’est retiré».

Une annonce qui, parmi d’autres, devrait particulièrement surprendre tant employés que lecteurs, quand on connaît l’origine du Mouvement coopératif Desjardins. Sans allusion à cet égard, si ce n’est en conclusion de l’article: «Quant au retrait de Desjardins de l’aventure, M. Néron [président du syndicat de la rédaction du Soleil et membre du comité provisoire de relance des journaux] dit respecter le processus». Ce retrait de Desjardins pourrait suggérer chez certains de ses clients et de ses membres un mouvement de retrait de ce fleuron québécois...

Je m’étais un jour permis la rédaction de propos dont la forme poético-humoristique ne convenait pas aux normes journalistiques. Et on ne mord pas, même plaisamment, une main qui, à d’autres fins, sert de quoi vivre et survivre. Il ne suffisait pas d’avoir recours à la philosophie Descartes à crédit Desjardins, à «je dépense, donc je suis», pour suivre sans doute méthodique les données financières de la banque devenue.

Des ristournes disparues aux entourloupettes risque-tout, je terminais mon poème par un quatrain qui n’en est pas un, et que voici:

De village en village,

votant, va-t’en!

Sur Caisse populaire

on affiche «vacant».

Qu’en diraient aujourd’hui

les fondateurs

Alphonse et Dorimène Desjardins

à Lévis?

Lévis Martin

Trois-Rivières