Dernièrement, la Ville de Trois-Rivières a annoncé les dix rues sélectionnées dans le cadre de son concept de rues conviviales.
Dernièrement, la Ville de Trois-Rivières a annoncé les dix rues sélectionnées dans le cadre de son concept de rues conviviales.

Convivialité et cohérence

OPINION / La cohérence est une thématique omniprésente dans mon esprit. C’est d’ailleurs un des éléments phares qui motivent mes implications citoyennes et politiques des dernières années. L’objectif étant que nos institutions municipales posent des gestes cohérents en tout respect des besoins de la population et des orientations retenues par nos décideurs.

Dernièrement, la Ville de Trois-Rivières a annoncé les dix rues sélectionnées dans le cadre de son concept de rues conviviales, un projet qui me tient énormément à cœur dont je me suis fait ambassadeur et pour lequel j’ai impliqué mes voisins dans une démarche de mobilisation des plus positives. C’est donc avec bonheur que j’ai constaté qu’une de ces rues serait située dans mon quartier, à quelques centaines de mètres de mon domicile. Augmenter la convivialité, la sécurité, l’agrément et la qualité de vie de nos milieux, c’est là l’objectif recherché par cette initiative que j’ai très hâte de voir prendre forme à l’été 2021.

C’est justement en circulant sur cette rue maintenant «dite» conviviale que j’ai constaté avec stupéfaction que des travaux avaient été effectués par la Ville pour procéder au démantèlement complet des aménagements paysagers des îlots de la rue René-Gagnier. Des travaux qui s’inscrivent dans le même exercice que celui du retrait des mosaïques de fleurs de l’été dernier, dossier pour lequel j’avais d’ailleurs signé une lettre d’opinion. Après avoir vu à l’œuvre ces coupes budgétaires sur nos principales artères et pistes cyclables, voici maintenant qu’elles gagnent nos quartiers résidentiels.

Évidemment, le projet de rue conviviale n’est pas encore déployé concrètement sur le terrain, mais j’ose imaginer que l’esprit créé par ce bel exercice de mobilisation citoyenne y est déjà bien présent. D’un côté, on accorde un projet sur cette rue ayant pour but d’agrémenter la qualité de vie et de l’autre, on retire toute la beauté visuelle des espaces verts de cette même rue. Dois-je rappeler qu’une des principales mesures du concept est de placer des bacs à fleurs au milieu de la rue et que, dans le formulaire de dépôt, les citoyens devaient statuer sur leur niveau d’implication dans l’entretien de cesdites fleurs? J’ai beau chercher, mais je ne trouve pas cette fameuse cohérence tant désirée dans cette décision.

Que l’on soit pour ou contre cette coupe budgétaire décidée par le Conseil l’année dernière, n’aurait-il pas été logique de simplement demander aux citoyens s’ils désiraient prendre le relais dans l’entretien de ces espaces avant de littéralement tout mettre à la poubelle, vivaces incluses? De par la démarche entreprise dans le cadre du projet de rue conviviale, la Ville n’a-t-elle pas suffisamment été témoin du niveau d’engagement et de mobilisation que ces gens étaient prêts à mettre de l’avant? Certains échos entendus dans le quartier me laissent croire que cette autre implication aurait été chose simple.

Actuellement, la ville nous invite à participer à un sondage sur la révision des règlements d’urbanisme afin de connaître notre opinion pour améliorer nos milieux de vie. On nous parle de parcs de verdissement de nos espaces et même de potagers en cour avant. Au-delà de l’exercice papier et politique de se sondage, je souhaite encore et toujours que les bottines suivent les babines pour qu’enfin, nous ayons minimalement l’impression que la cohérence est partie prenante des décisions prises par nos élus. Ce n’est assurément pas ce qui s’est produit sur la rue René-Gagnier.

Stéphane Guay

Cofondateur de l’Action civique de Trois-Rivières

Trois-Rivières