Conseil de ville à huis clos ou sur le «party»?

OPINION / La pandémie causée par le coronavirus nous a conduits collectivement dans une situation vraiment inconfortable et périlleuse. Près de nous, les maisons d’enseignement sont fermées, et jour après jour, des commerces de proximité, restaurants, cinémas, etc. bouclent leurs portes. Certains de nos concitoyens, touchés par le virus, sont traités en priorité, d’autres sont confinés à la maison et, selon ce que nous disent les spécialistes en santé, nous n’aurions pas encore atteint le pic de cette épreuve.

Ce n’est pas pour rien que nos gouvernements s’adonnent à des conférences de presse quotidiennes, nous incitant à nous protéger les uns les autres et annonçant programme d’aide sur programme d’aide. Un peu partout sur la planète, on ferme les frontières et on pousse les gens à rester à la maison. Cette crise est donc majeure; nous l’avons immédiatement senti lorsque tous les sports majeurs ont cessé leurs activités.

Même des événements historiques, prévus pour les prochaines semaines ou mois, comme le Masters au golf, qui devait se tenir en avril, est reporté sine die, et comme aux courses de chevaux, alors que le Derby du Kentucky, qui a toujours lieu le premier samedi de mai, a été reporté en septembre pour le moment. Les émissions télé devant public, comme Tout le monde en parle ou La semaine des quatre Julie sont désormais enregistrées sans public. Et des tournages comme celui de la populaire émission District 31 sont suspendus.

Pendant ce temps-là, à Trois-Rivières, le conseil municipal se réunissait à huis clos, sans public ni journaliste, la majorité des conseillers participant par vidéoconférence, question de santé et de sécurité. Le conseiller Fortin s’est tout de même présenté sur place tout en reconnaissant que cette situation pouvait perdurer dans le temps et le maire Lamarche quant à lui disait que le conseil, en se réunissant ainsi à huis clos, voulait envoyer un message à la population.

Et quel message en effet! C’est dans ce circuit fermé que les membres du conseil se sont précipités pour distribuer vite fait, et à l’unanimité, comme à la belle époque des dernières années, plus de 2 millions de dollars en subventions à des activités publiques: feux d’artifice, Festival Country, Cosplay Fest, animation au centre-ville... À Trois-Rivières, on est sur le party! Le coronavirus? C’est quoi ça?

À ma stupéfaction, aucun membre du conseil, aucun, ne s’est demandé s’il ne serait pas plus sage et avisé d’attendre pour voir ce qui va se produire dans les semaines à venir face à cette pandémie, au lieu de «garrocher» autant d’argent par les portes et les fenêtres en soutien à des rassemblements publics. Et autre étonnement de ma part: comment se fait-il que l’Amphithéâtre, avec tous ses succès claironnés, soit encore et toujours aux crochets de la Ville pour un autre million et demi de dollars en subvention pour son «opération»? Comment se fait-il qu’il ne soit toujours pas capable d’assumer ses frais et de se faire vivre par lui-même?

Guy Godin

Trois-Rivières