Comment se donner bonne conscience en polluant?

OPINION / Comment se donner bonne conscience en polluant? La réponse à cette question, on a pu la lire dans Le Nouvelliste. C’est simple, plantons un arbre ! En tout cas, c’est ce que le Grand Prix de Trois-Rivières a trouvé comme solution en annonçant la transplantation de 200 végétaux qui seront probablement de petits arbres de moins de 24 pouces de hauteur. Semble-t-il que c’est la façon de compenser l’empreinte écologique des courses de voiture.

Cette solution m’a inspiré puisque la semaine dernière mon bac bleu servant à la récupération a été brisé et je devais le remplacer par un neuf. J’ai donc décidé de ne pas le remplacer et de déposer mes matières recyclables dans le bac à déchet. Je calcule que si j’évite la fabrication d’un nouveau bac en plastique et que j’élimine le ramassage, je devrais planter six nouveaux arbres dans ma cour, ou ailleurs, pour compenser l’empreinte écologique laissée par mon geste et aussi pour me donner bonne conscience.

Personne ne peut être contre le geste en soi, mais comment peut-on polluer et promouvoir des activités polluantes non essentielles, simplement en compensant par quelques arbres? Que ce soit des courses de voitures, bateaux (régates) ou même des démonstrations d’habiletés en avion, peut-on vraiment considérer ces activités comme utiles ou nécessaires? De plus, serait-ce la réponse aux problèmes écologiques majeurs qui se pointent et comment en arrive-t-on à cette solution? Bien qu’il existe certaines théories et pratiques pour calculer l’empreinte écologique d’un projet ou activité, il n’existe aucune uniformité dans l’application de ses calculs dans les villes, provinces, pays et même dans le monde. D’ailleurs, les différents paliers de gouvernement, incluant les municipalités, semblent plus intéressés par l’apport de taxes que par l’environnement.

Faut comprendre qu’on n’a plus le choix et le temps. Il faudrait être en mesure de calculer réellement l’empreinte écologique des projets, quels qu’ils soient afin de faire les bons choix pour le futur. Tous les arbres qui seront plantés au cours des cinq prochaines années ne compenseront même pas les milliers d’arbres matures qui sont et seront coupés pour différents projets résidentiels comme à Pointe-du-Lac, sur le golf les Vieilles Forges et d’autres. Combien d’arbres faudra-t-il planter pour l’empreinte laissée par ces coupes, par le projet de l’Amphithéâtre, celui du district 55, l’usine d’urée à Bécancour, etc. Même pour les usines les plus polluantes au pays comme l’ABI, nos dirigeants trouvent le moyen de dire que ce sont des erreurs du passé et qu’on n’y peut rien. Avec ce genre de discours et de personnes, il est clair que la planète s’en va dans un mur.

Un message pour les plus jeunes qui participent à la plantation des arbres du GP3R, soyez aux aguets, ne vous laissez pas aveugler par ces représentants adultes de l’activité économique. Faudrait pas vous laisser endoctriner comme l’ont été nos grands-parents et parents par les représentants religieux. Sauver la planète, c’est plus que planter un arbre même si cela donne bonne conscience.

André Milot

Trois-Rivières