Comment expliquer la frilosité de Desjardins dans la survie des journaux régionaux?

OPINIONS / Il reste trois semaines au Groupe Capitales Médias pour conclure son financement. Sinon, ce sera la fin des journaux régionaux Le Soleil, Le Quotidien, Le Nouvelliste, Le Droit, La Tribune et La Voix de l’Est.

À une époque où l’information régionale demeure une nécessité, comment expliquer le refus précipité et cavalier de Desjardins de participer à ce sauvetage alors que ce retrait risque de mettre en péril le plan d’affaires réunissant initialement Fondaction CSN, le Fonds FTQ et Desjardins, entre autres.

Ce financement externe, qui inclut l’argent d’Investissement Québec et de la Fiducie Chantier de l’économie sociale, avoisinerait les 10 millions $, auxquels s’ajouteraient les dons et la contribution des employés.

Pourtant, compte tenu de la mission de sa société Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD), cette société affiliée doit investir à risque dans des PME régionales et coopératives en vertu du crédit d’impôt de 35 % du gouvernement du Québec qu’empochent les petits investisseurs qui y contribuent.

Pour Claude Blanchet, «ce sont de petites sommes, personne ne va se ruiner avec ça. Le risque est minime par rapport à l’actif des institutions et compte tenu des besoins essentiels de la collectivité pour des médias locaux de qualité».

Selon Claude Blanchet «[Guy] Cormier pense comme un banquier, pas comme un gars de capital-risque. Il fait une grosse erreur de ne pas s’impliquer avec tous les partenaires qui sont là.»

Lorsqu’une coopérative comme Desjardins qui pèse 295 milliards $ dans l’économie du Québec refuse de risquer 2 millions $ pour sauver les journaux régionaux, cela en dit long sur son déficit d’engagement envers les régions du Québec.

Nul doute que s’il était toujours de ce monde, le regretté Claude Béland, ce grand dirigeant du monde coopératif qui considérait que Desjardins avait perdu son âme, aurait également dénoncé cette décision déraisonnable.

Claude Gélinas

Shawinigan