L’auteur du texte se questionne entre autres sur le fait que des terrains du District 55 auraient été vendus à rabais par la Ville de Trois-Rivières.

Combien a vraiment coûté l’acquisition du District 55?

Dans son plus récent Rapport annuel, la Vérificatrice générale de la Ville de Trois-Rivières, Andrée Cossette, qui vient de quitter au terme de son mandat pour aller occuper une fonction similaire à Sherbrooke, souligne que la Ville n’aurait pas obtenu un juste prix en cédant pour 2 millions $, aux promoteurs du projet District 55, 1,6 million de pieds carrés au prix de 1,23 $ le pied carré. D’après la Vérificatrice générale, la Ville aurait vendu ces terrains pour la moitié de leur valeur réelle. Thèse soutenue par une firme experte et indépendante en la matière, soit PriceWaterhouseCoopers. Le Nouvelliste a évoqué cette conclusion du Rapport par une manchette, s’interrogeant si le terrain n’avait pas été vendu à rabais!

La directrice du service de l’évaluation de la Ville, Sonya Auclair, s’est alors vivement insurgée contre cette conclusion. Elle considère que cette analyse de la vérificatrice générale discrédite le Service d’évaluation et entache sa crédibilité auprès des citoyens. Mais alors pourquoi ne songe-t-elle pas à blâmer également PriceWaterhouseCoopers? Et pourquoi n’a-t-elle rien dit sur le fait que la Ville a contracté un peu plus tard un emprunt de 3 millions $ pour acquérir au coût de 6 $ le pied carré un terrain devant accueillir son futur Colisée dans le même District 55? Face à ce différend, j’adhère complètement à la thèse de la Vérificatrice générale et considère que nous sommes en droit de nous demander combien exactement a versé au final le Groupe Robin pour l’acquisition des terrains du District 55, voire si cet achat lui a vraiment coûté quelque chose...

En même temps, Sonya Auclair mène une autre contestation en aval de notre ville... Elle vient de perdre ses élections à la mairie de Batiscan par 25 voix. Affirmant avoir noté certaines irrégularités, elle entame immédiatement un recours menant à un nouveau dépouillement des bulletins de vote. Cette étape se conclut par une augmentation à 34 voix de majorité pour le gagnant et nouveau maire. La candidate défaite veut alors pousser plus loin en voulant entamer des démarches judiciaires visant cette fois à faire annuler l’élection... Non mais pensez-y deux minutes; nous ne sommes pas à New York ni à Paris. On est à Batiscan! Et il y a 727 électeurs qui ont voté. Madame devrait pourtant imaginer que si elle obtenait gain de cause et que si cette élection était reprise, les électeurs lui enverraient probablement un message encore plus clair...

Ce qui m’étonne dans ces deux cas, c’est que Sonya Auclair manque significativement de retenue, autant dans ses fonctions professionnelles que politiques. Comme cadre de la Ville, directrice du service de l’évaluation, un poste qui ne revêt aucunement les caractéristiques d’une fonction de représentation, elle devrait, à mon humble avis, se montrer extrêmement réservée,  En effet, dans l’exercice de son poste à Trois-Rivières, je crois qu’elle n’a ni l’autorité ni le mandat devant l’amener à justifier ou à critiquer autant les transactions effectuées par la Ville que les analyses et rapports de la Vérificatrice générale.

En espérant que la valeur de ma propriété ne soit pas doublée lors de la production du prochain rôle d’évaluation foncière...

Guy Godin

Trois-Rivières