Colisée: un choix par défaut

OPINIONS / Il y a un bon nombre de jours dans l’année où on ne voudrait pas être à la place de Jean Lamarche. L’épineux dossier du choix de l’occupant du nouveau Colisée est l’exemple parfait d’un cas où la stratégie du moins pire est inévitable.

L’UQTR, par son histoire récente, ne représente pas un modèle d’excellence en gestion et comme citoyen, j’ai un inconfort à réserver notre Colisée municipal pour cette institution qui, normalement, devrait dépendre de ses propres infrastructures. De mémoire, dans le plan original pour lequel les négociations ont échoué, le Colisée devait être bâti sur le terrain de l’université, afin que les taxes reliées au bâtiment soient défrayées par l’UQTR.

Aussi, selon Martin Leclerc, journaliste de Radio-Canada, il y aurait beaucoup plus d’embûches que ne l’annoncent M. Lamarre et son groupe pour attirer des universités américaines dans ces grands tournois qu’il propose. Est-ce que MM. Lamarre et Guimond peuvent commenter l’article de M. Leclerc, au bénéfice de la population? Ont-ils réellement fait leurs devoirs? On a beau parler d’Excellence avec un «E» majuscule, aller passer une belle soirée au Colisée pour voir le collège militaire royal se faire laver par les Patriotes est un plan qui n’intéresse qu’une poignée d’initiés.

De l’autre côté, il y a la East Coast Hockey League (ECHL), qui offre un calibre plus relevé que le hockey universitaire, mais dont la proposition reste partielle, avec des informations contradictoires coulées dans les médias et beaucoup de confusion. Chose certaine, cette proposition bénéficie déjà d’un certain rayonnement dans la presse nationale et les médias spécialisés en hockey. Si l’intention est d’attirer le touriste mordu de hockey, cette avenue devient intéressante. L’équipe bénéficierait également de l’effet de nouveauté pour la foule locale. Avec une équipe attirant les joueurs québécois intéressés à rester dans le hockey professionnel, on peut même espérer forger une identité à cette équipe. Mais tout reste à bâtir.

Sur le plan politique et du timing d’opportunité, le risque associé à l’ECHL est minime, puisque les Patriotes resteront quoiqu’il advienne. Le plan de messieurs Lamarre et compagnie pourrait voir le jour de toute façon, advenant un flop du hockey professionnel. À mon sens, à moins que les conditions soient inacceptables, l’ECHL est le pari le moins risqué pour nos élus, qui ne se feraient pas reprocher de ne pas avoir au moins essayé, advenant un échec.

Comme l’échéance serait déjà passée pour obtenir une équipe pour la prochaine saison, je pense que les Trifluviens peuvent être conciliants avec leur maire, si celui-ci mise sur la patience et la planification afin de maximiser les chances de succès de ce projet, dans l’intérêt de tous.

Simon Boudreau

Trois-Rivières