Le Cirque du Soleil rendra hommage aux Colocs, à l'Amphithéâtre Cogeco, à l'été 2018.

«Choix discutable»: quelques précisions

À propos de mon récent billet publié dans Le Nouvelliste du vendredi 20 octobre et intitulé «Quel choix discutable!», je souhaite préciser ma position.

D’emblée, je n’ai aucune intention de me moquer du travail de la direction de l’Amphithéâtre, ni de contester le consentement du Cirque du Soleil et encore moins de douter des qualités musicales et scéniques des membres du groupe Les Colocs.

En fait, je pense (peut-être naïvement) qu’un hommage aux Colocs représente une meilleure idée pour une série de spectacles en salle ou à l’occasion d’une tournée des festivals d’été en plein air. Toutefois, je ne crois pas qu’on puisse inclure ce groupe phare des années 90 dans la lignée spectaculaire des trois premiers opus, soit Beau Dommage, Robert Charlebois et Luc Plamondon.

De plus, je suis inconfortable à propos de ce qui s’est passé avec le chanteur-moteur du groupe, soit Dédé Fortin – qui s’est enlevé la vie brutalement – et qui ne sera pas de ce party en personne et sur place (en tant que conseiller, collaborateur ou d’invité d’honneur). Imaginez les fans du groupe de ne pas apercevoir Dédé (ni dans les gradins ni dans les médias). Et seront-ils assez nombreux à se déplacer à l’Amphithéâtre pour chacune des représentations de l’été 2018?

Le souvenir sombre de son départ ne ressemble en rien aux couleurs de l’arc-en-ciel. Nostalgie malsaine et contre-performance à l’horizon? En ce sens, les membres mêmes du groupe Les Colocs seront-ils si «énervés et joyeux» de voir et d’entendre ce spectacle-hommage sans avoir Dédé à leurs côtés?

Le concept «Hommage à…» par le Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre a été très bien accueilli par le public jusqu’ici et a été nettement apprécié par les artistes choisis; ne croyez-vous pas qu’il soit risqué de changer de ton aussi radicalement?

Les artistes musicaux québécois de grande renommée – et de notoriété semblable à ceux déjà honorés – ne manquent pas au Québec. Alors je pose ouvertement la question: «N’est-ce pas un brin dangereux d’éroder un tel branding (marque de commerce)»? Bien souvent, en affaires, il est préférable de ne pas changer une formule gagnante.

Je ne souhaite qu’une continuation heureuse et fructueuse à ces événements-spectacles uniques, brillants et sources légitimes de fierté pour la ville de Trois-Rivières.

Espérons que mon «discutable» se transforme en «rentable», si tel est le premier grand objectif de l’opération. Car en bout de ligne, c’est peut-être moi qui me retrouve dans les champs de patates et à côté de la «track».

Alors, bons succès à tous les artisans de l’édition 2018.

Jacques Lambert

Saint-Barnabé