Changer de recette politique

Si on essaie de résumer le menu électoral qui nous a été présenté depuis un mois, on peut facilement y voir trois «chefs» qui essaient de nous convaincre que ce qu’il y a de mieux, c’est de réchauffer le même potage auquel nous sommes habitués depuis quelques décennies.

Pour nous donner l’impression d’améliorer la recette, nos trois premiers cuistots se sont mis à l’œuvre.

Philippe Couillard prend les devants, il veut nous faciliter la vie en ajoutant son grain de sel. Ce qu’il trouve de mieux, c’est de déposer dans le potage quelques brins de ciboulette en se disant: «C’est vert, ça coûte pas trop cher et ça enlève l’arrière-goût d’austérité.»

Arrive François Legault, il se contente d’ajouter un peu d’eau. «Ça coûte rien et ça vous coupera la faim… dès maintenant! À recommander, surtout pour les maternelles 4 ans.»

Puis Jean-François Lisée, plutôt fin gourmet, décide d’ajouter une cuillérée de crème au potage. «Sérieusement, une saveur de terroir, sinon, on ne sait jamais, un goût de pays… Et tout le monde reconnaîtra mes talents de grand chef.»

Finalement, Manon Massé hume à quelques reprises le chaudron de potage préparé par ses trois collègues; elle y va avec cette remarque: «Moi, je ne suis pas ‘‘chef’’, mais je pense qu’il faut changer de recette. À Québec solidaire, depuis 12 ans, nous avons démocratiquement élaboré plusieurs options, bien équilibrées, en plus d’être populaires et excellentes pour la santé.»

Au-delà d’une vision – à peine humoristique – de quelques péripéties de la campagne électorale, l’allégorie culinaire s’impose, qu’on le veuille ou non.

Quand il ne sera plus premier ministre, Philippe Couillard pourra publier son livre de recettes familiales: «Cuisiner pour moins de 75 $ par semaine». François Legault pigera dans les recettes de Couillard qu’il servira dans les Maisons des aînés tout en se faisant prendre en photo. Et Jean-François Lisée distribuera gracieusement son menu aux délégués du Congrès de Québec solidaire, les véritables «patrons» de Manon Massé et Gabriel Nadeau Dubois!

Le cadre financier de Québec solidaire mérite d’être mieux analysé; il sort des sentiers battus et prévoit plus de revenus et plus de dépenses. Au lieu de se contenter de dire que c’est «irréaliste», voyons-le comme un plan cohérent pour doter le Québec de meilleurs outils permettant se sortir de la crise climatique et proposer une voie différente de celle qui nous a menés à une impasse qu’il faut rapidement résoudre.

Allons-y donc en changeant de recette politique le 1er octobre.

André Lavoie

Notre-Dame-de-Montauban