Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins.

Changements climatiques: Desjardins répond présent

L’auteur, Guy Cormier, est président et chef de la direction du Mouvement Desjardins.

L’engagement des étudiants face au défi climatique nous interpelle tous.

On l’a vu récemment lors de la manifestation pour le climat, qui a mobilisé des milliers de jeunes, et de moins jeunes! Leur message doit être entendu.

C’est pourquoi je me sens particulièrement interpellé par certains propos qui sont véhiculés, particulièrement dans les médias sociaux, par rapport à Desjardins. Certains soutiennent que Desjardins n’en fait pas assez dans la lutte aux changements climatiques. Que nous n’écoutons pas nos membres. Que nous continuons d’investir dans les énergies fossiles alors que certaines institutions ne le font plus. Bref, que nous sommes du mauvais côté de l’histoire.

Soyons clairs: les gens qui affirment que notre coopérative ne se soucie pas de l’importance de lutter contre les changements climatiques se trompent de cible.

Le sentiment d’urgence qui anime les jeunes, nous le partageons aussi. Comme ils le disent si bien, il n’y a pas de planète B.

C’est pourquoi le moment me semble bien choisi pour revenir sur certaines de ces affirmations, érigées en légendes urbaines.

Légende urbaine 1: Desjardins investit massivement dans les énergies fossiles

Saviez-vous que Desjardins est l’une des institutions financières canadiennes ayant la plus petite exposition dans les énergies fossiles? Qu’elle est de loin inférieure à celle de chacune des banques canadiennes? La réalité est que notre présence dans ce secteur est marginale: elle compte pour moins de 3 % de nos actifs.

Pourtant, le secteur des énergies fossiles est le deuxième en importance au Canada et il représente plus de 17 % de la capitalisation boursière canadienne.

Légende urbaine 2: Desjardins ne fait pas sa part dans la lutte aux changements climatiques

Les premières actions de Desjardins en cette matière ne sont pas récentes: elles datent de... 2005. Et il ne s’agit pas de gestes faits uniquement pour épater la galerie!

Notre objectif est très clair: réduire notre empreinte carbone et augmenter nos investissements en infrastructure d’énergie renouvelable.

Quelques exemples:

- Notre soutien au secteur des énergies renouvelables atteint 2,3 milliards de dollars;

- Depuis décembre 2017, nous avons réduit de 10 % l’empreinte carbone de notre portefeuille investi dans les marchés boursiers et obligataires. L’objectif de réduction est de 25 % d’ici 2020;

- Desjardins est une entreprise carboneutre;

- Nous avons débuté le déploiement de 200 bornes électriques au Québec et dans l’est de l’Ontario, qui seront accessibles à tous, un investissement de plusieurs millions en partenariat avec Hydro-Québec;

- Nous avons aboli l’achat de bouteilles d’eau plate en plastique et en verre et d’autres objets tels les verres, les pailles et les bâtonnets de café en plastique. Nous évitons ici l’achat de plus de 100 000 bouteilles d’eau en plastique à chaque année.

Depuis 2018, toutes les demandes de financements et d’investissements sont évaluées en tenant compte de leur impact sur l’environnement et les communautés, ainsi que leur gouvernance. Certains diront qu’une initiative comme celle-là n’est que du greenwashing! En fait, depuis l’application de ces filtres, nous avons renoncé à de nombreuses opportunités d’affaires dans le secteur des énergies fossiles.

Légende urbaine 3: Nos portefeuilles verts… ne le sont pas

La réalité est que Desjardins est un leader en investissement responsable. Nous avons la plus importante offre verte au pays. De ce nombre, sept fonds d’investissement n’ont aucune entreprise dans le secteur des énergies fossiles.

Pourquoi Desjardins n’annonce pas un désinvestissement dans les énergies fossiles?

La question nous est souvent posée: des institutions financières étrangères se retirent des énergies fossiles. Pourquoi Desjardins n’en fait pas autant?

Bien sûr, ce type d’annonce frappe l’imagination. Cela fait les manchettes dans les médias. Mais nous ne sommes pas en Europe. L’importance du secteur des énergies fossiles y est beaucoup moindre qu’ici et l’impact de désinvestir, beaucoup moins grand.

La voie que nous avons choisie peut sembler moins spectaculaire, mais nous sommes convaincus qu’elle sera de loin la plus efficace: accompagner nos membres dans la transition énergétique.

En clair, cela signifie qu’il faut favoriser le remplacement progressif et non drastique des énergies fossiles par des énergies plus propres et efficaces. Car la solution durable est de réduire la demande de pétrole, encore omniprésente dans notre société.

Pour ce faire, nous devons collectivement changer nos habitudes énergétiques qui compromettent l’atteinte des cibles pour réduire les émissions de GES d’ici 2030.

C’est vrai pour chacun de nous! Par exemple, avons-nous besoin de véhicules toujours plus énergivores? Est-il possible que les entreprises révisent de façon importante leur mode de production et de consommation d’énergie? Les gouvernements feront-ils leur part pour atteindre les cibles de réduction d’émission de gaz à effet de serre?

Soyez assurés que Desjardins répondra présent. Nous ne resterons pas les bras croisés.