Le conseil municipal de Trois-Rivières a officiellement adopté la proposition de «Vision zéro» mardi soir, une stratégie qui vise à n’avoir aucun décès ou blessé grave sur les routes. Le point majeur de ce plan concerne la réduction de la limite de vitesse de 50 km/h à 40 km/h dans plusieurs rues de la ville.

Changement historique pour la sécurité routière

Les auteurs, Claude Ferron et Mariannick Mercure, sont conseillers municipaux à Trois-Rivières.

Une petite révolution s’est produite hier soir à l’hôtel de ville: le conseil adoptait une résolution proposant d’inverser nos manières de penser notre système routier en faisant de la sécurité la priorité de nos interventions.

La «vision zéro»: une approche qui a fait ses preuves

Ce changement de vision s’articulera autour de la stratégie «vison zéro» basée sur des milliers d’études de sécurité routière et reconnue internationalement. Elle vise à atteindre «zéro victime» de la route, c’est-à-dire à éliminer les accidents avec morts ou blessés graves, mais pas d’éradiquer tous les accidents. La distinction est importante: il y aura toujours des collisions mineures, mais cette approche vise à sauver des vies, pas des voitures. Et contrairement à une certaine croyance populaire, il y a place à amélioration à ce chapitre: depuis 2005, il y a eu 333 victimes sur nos routes, dont 40 décès. Près de la moitié de ces décès étaient des usagers vulnérables, particulièrement des piétons. Et la tendance n’est pas à la baisse.

Certes ambitieuse, parce qu’aucune perte de vie n’est acceptable quand on adhère à cette philosophie, elle est aussi réaliste: les mesures pour y parvenir existent et sont reconnues consensuellement par la communauté scientifique.

Vitesse et aménagements sécuritaires: les clés du succès

C’est que la vitesse est le facteur qui permet quasi systématiquement de prédire les chances de survie lors d’un accident. Mais pour que ces vitesses soient respectées, la signalisation et la présence policière ne suffisent pas toujours. Les études démontrent qu’il faut en plus conjuguer diverses mesures. Ainsi, des aménagements plus sécuritaires feront leur apparition au cours des prochaines années, par exemple des voies de circulation plus étroites pour les automobiles et davantage de trottoirs. Aussi, des technologies de surveillance automatisée, comme les photo-radars, pourraient être déployées et comme le prévoit la loi, les revenus générés devraient automatiquement être remis dans un fonds de sécurité routière.

Des aménagements apparaîtront aussi pour sécuriser les endroits les plus accidentogènes tels que les intersections des artères. On peut ici penser à des avancées de trottoir et à des appareils de surveillance automatisés aux feux rouges par exemple.

Message bien reçu

Les citoyens nous le demandent depuis longtemps, et le message a été bien reçu lors de la dernière campagne électorale: la majorité des élus sont ressortis de la campagne en ayant ciblé la sécurité routière comme une des priorités majeures de leurs électeurs. Le courage politique dont le conseil a fait preuve hier permettra non seulement d’améliorer la qualité de vie des Trifluviens, mais aussi et surtout de sauver des vies.