L’auteure de cette lettre souhaite que la population change rapidement et radicalement de mode de vie.

Cessons de négliger notre maison commune!

OPINIONS / Les scientifiques provenant de partout dans le monde s’entendent pour dire que la crise environnementale atteindra un point de non-retour si l’Occident ne change pas rapidement et radicalement son mode de vie d’ici la prochaine décennie. Ce changement nécessite l’encadrement du gouvernement, soit un programme rigoureux de développement durable.

En 2006, le Québec adopta une loi sur le développement durable sous le gouvernement de Jean Charest, en collaboration avec l’ancien ministre de l’Environnement, Thomas Mulcair. Malgré les stratégies déployées, les habitudes du Québec en matière de réduction des gaz à effet de serre et de gestion de l’eau semblent régresser. Or, la législature québécoise doit réviser la loi sur le développement durable afin qu’elle atteigne son objectif, soit la réconciliation du niveau de vie, du mode de vie et du milieu de vie. En ce sens, j’expliquerai pourquoi la transition environnementale est nécessaire, et pourquoi le Québec doit s’impliquer.

D’abord, la transition environnementale est nécessaire puisque les conséquences des changements climatiques sont tragiques. La science démontre qu’il reste à l’humanité entre dix et douze années pour procéder au changement rapide et radical de nos manières. Dans l’éventualité où l’humain ne réduirait pas significativement ses émissions de gaz à effet de serre, la terre risquerait d’entrer dans un état d’étuve irréversible. La température moyenne du globe pourrait augmenter de 3 à 4 degrés Celsius. Ainsi, des régions côtières où habitent des millions de personnes seraient inondées, tandis que d’autres pays seraient saisis d’intenses sécheresses. Selon certains des plus grands climatologues, une augmentation dépassant cinq degrés annonce «la fin de la civilisation humaine». Bref, l’humanité court à sa perte si d’importantes mesures environnementales ne sont pas prises dès maintenant.

Puis, la loi québécoise sur le développement durable doit être révisée, car la participation active de la province dans la transition environnementale est nécessaire. Depuis la mise en vigueur de cette loi, les progrès sont difficiles à évaluer. Le rapport de David Talbot, professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP), montre que, quelques années après l’adoption du projet de loi, les ministères du gouvernement québécois n’accordent peu ou pas d’importance au développement durable. «On a l’impression que le plan de développement durable a été écrit sur le coin d’une table, sur l’heure du midi», explique David Talbot. Tous les pays, sans exception, doivent participer activement à la transition environnementale si l’on vise un avenir meilleur. Bref, le Québec doit s’impliquer dans la lutte environnementale, et il y parviendra en adoptant un plan sur le développement durable plus rigoureux.

Pour conclure, nous devons, sans aucun doute, changer rapidement et radicalement notre mode de vie. La science fait la preuve des conséquences tragiques du réchauffement climatique sur l’humanité. C’est pourquoi les actions gouvernementales de tous les pays concernés sont si importantes. Chacun se doit d’appliquer de nouvelles lois plus strictes et d’investir en faveur de l’environnement. D’autant plus qu’«il est techniquement humainement et économiquement possible d’apporter des changements», comme le mentionne Dominique Champagne dans sa conférence sur la lutte écologique. Maintenant que nous sommes alarmés quant à la crise environnementale, propageons l’information, informons-nous sur les initiatives individuelles et protestons tous en faveur de la protection de notre maison commune.

Jennifer Paillé

Trois-Rivières