Le drame survenu à Granby amène l’auteur de cette lettre à proposer, entre autres, des actions rapides et efficaces pour que cela ne se reproduise plus.

Ces enfants martyrs

OPINIONS / Ce n’est pas se mêler des affaires des autres que de se préoccuper de la sécurité et de la protection des enfants.

Il est à la fois difficile et honteux de croire qu’en l’an 2019, des enfants soient martyrisés et surtout, que cela se produise au Québec, une nation civilisée dont on devrait plutôt s’enorgueillir.

À qui la faute? Il faut à tout prix trouver un coupable, quelqu’un sur qui nous pouvons rejeter la faute et lui faire endosser toute la responsabilité. Ensuite nous pourrons nous en laver les mains et poursuivre notre chemin.

Cette fois, c’est arrivé chez nous et les médias se sont emparés de l’affaire, laquelle s’est retrouvée rapidement au grand jour. Pas moyen de la passer sous silence comme les milliers d’autres. Trop d’enfants subissent semblable traitement. Loin de moi l’idée de banaliser ou de ramener ces enfants martyres à une simple statistique.

En 2019, chaque jour, à travers notre belle planète, même ici dans notre beau pays, des enfants sont victimes de sévices corporels ou psychologiques, de maltraitance, d’abus de pouvoir, d’exploitation sexuelle, d’intimidation, de négligence, d’abandon, d’indifférence, de séquestration, d’endoctrinement, d’enlèvement et autres. Ce sont des enfants qui subiront le martyre toute leur vie, parfois même jusqu’à la mort. Trop souvent des enfants sont les victimes innocentes, de vengeance, d’adultes déviants et d’individus malades mal ou non soignés qui devraient être pris en charge. Des appels à l’aide sont trop souvent ignorés et des cris de détresse, présages de dangers imminents, laissés sans l’intervention requise.

Pour cette jeune martyre, il semble que plein de gens savaient, mais personne n’agissait. Ce ne sont pas que les parents, la famille, les proches, le voisinage, l’école, la DPJ, les seuls coupables, mais plutôt toute la société.

Le sort de cette petite martyre nous interpelle profondément et commande une action rapide et efficace. Revoir et adapter au temps présent les lois, les règlements, les structures et les organismes qui les composent. Dégager les ressources nécessaires à leur mise en place adéquate et définir les rôles à privilégier individuellement et collectivement des citoyens. Tenir en compte les valeurs et aussi les dangers actuels auxquels nous sommes confrontés comme société. Tout est actuellement remis entre les mains des gouvernements et aucune obligation des citoyens; que des droits et libertés.

Actuellement le sort des enfants ne préoccupe que trop peu nos dirigeants, ni les aînés d’ailleurs. Ils ne rapportent pas ou très peu et n’occasionnent que des dépenses. Nos gouvernants sont conscients que les enfants seront les décideurs et les consommateurs de demain et que les vieillards ont contribué durant leur vie active, mais dans l’immédiat, ils ne sont pas rentables financièrement. Les prédateurs de toutes sortes s’en tirent à trop bon compte et retrouvent souvent leur liberté alors que rien n’a changé dans leur tête. Ils représentant toujours un danger potentiel pour l’ensemble des citoyens.

Un à un, les partis politiques font de belles promesses qu’ils ne tiennent qu’à moitié et les oubliés sont habituellement les personnes les plus vulnérables. Chaque fois, ces décisions sont remises au prochain mandat. Le futur gouvernement y verra. Il faudra donc du cran pour le gouvernement qui s’y attaquera puisque politiquement ce n’est pas rentable non plus.

J’ose croire que ce nouveau gouvernement, bien qu’il ne puisse redonner vie à ces enfants ni effacer ce qui est fait, aura le cran de s’y attaquer maintenant et concrètement. Qu’il posera les actions humaines et financières qui s’imposent actuellement, et ce, avec le courage, l’argent nécessaire, les structures adéquates et surtout, avec des personnes de cœur, capables de juger de la pertinence et d’interpréter humainement la législation et les règlements mis en place. Bref, réviser les législations, alléger les structures et les rendre plus humaines, dégarnir les tablettes de fonctionnaires inutiles pour laisser la place aux personnes qui ont le souci d’agir en humain sans dilapider les ressources financières misent à leur disposition pour les mettre aux services des enfants et des personnes qui en ont besoin.

Puisque nos gouvernants ne peuvent tout faire, ils doivent ouvrir la porte et soutenir les organismes novateurs qui veulent s’impliquer dans le développement de nouvelles techniques et des nouveaux outils, en complément aux structures en place. Ils doivent accueillir et favoriser les nouvelles idées positives de toute la population afin de s’ajuster et de s’adapter constamment aux nouvelles situations. Travailler ensemble avec l’aide de la population, dans un commun accord pour un résultat gagnant.

Pensons aux enfants, aux aînés et aux personnes vulnérables, trop souvent oubliés, de même qu’à tous ces gens de bonne foi et aux organismes qui œuvrent dans ce domaine pour enrayer le phénomène. Accueillons aussi les suggestions et les idées novatrices en complément à nos lois et règlements. Nous pourrons alors dire que nous avançons pas à pas sur le chemin d’une évolution humaine de notre société.

L’humain est capable du pire comme du mieux. À nous de faire un choix humain judicieux.

La prévention, vous connaissez? Commençons par faire équipe pour prévenir au lieu d’attendre que le drame se produise et de mettre toute notre énergie à guérir. Pour une société meilleure et plus humaine, dans une ère d’ouverture, agissons et collaborons ensemble. Il faut que tout cela change... pour le mieux.

Henri Provencher

Trois-Rivières