Ce sale virus

OPINIONS / C’est fou comme le temps passe! En cette sombre époque de confinement imposé par la pandémie, la relativité règle plus que jamais le passage du temps, tantôt ennuyeux, tantôt essoufflant.

Rappelez-vous, en février 2020, des groupuscules autochtones bloquaient illégalement nos voies ferrées mettant déjà à mal l’économie canadienne. Au tout début de l’année, l’état iranien abattait criminellement un avion civil bourré de touristes issus de sa propre communauté. La crise sanitaire qui nous afflige présentement a enseveli ces événements médiatiques pourtant pas si lointains.

Reculons encore un peu. L’automne 2019 s’est avéré une saison placée sous le signe de l’environnement. Tous les médias débordaient alors de reportages, d’éditoriaux, d’opinions diverses sans oublier les fausses nouvelles dénonçant l’état lamentable dans lequel l’activité humaine avait plongé notre mère la terre. La production industrielle, la surconsommation, les voyages en avion étaient au nombre des coupables de la catastrophe environnementale annoncée. Indignés, des milliers de militants écolos n’ont pas hésité à prendre leur voiture pour participer aux marches solidaires en faveur du sauvetage de notre planète. Des artistes subventionnés nous incitaient à adhérer à leur Pacte pour la transition tandis que des «enverdeurs» imaginatifs inventaient le concept fumeux d’écoanxiété afin de nous terroriser davantage. La frénésie a culminé lors de l’apparition de la jeune prêtresse verte venue de Suède en voilier. Mais, en fin de compte, qui s’est privé de quoi que ce soit au nom de la réduction des gaz à effet de serre?

Moi qui suis un tantinet discuteur, je mettais alors en doute la volonté de la population de réaliser la décroissance économique mise de l’avant comme meilleure solution au réchauffement climatique. J’ajoutais qu’une récession ou un cataclysme pourrait en tout temps provoquer le ralentissement de la consommation prôné par les prophètes verts.

Puis, ce sale virus nous est tombé dessus faisant d’innombrables victimes, bousillant nos libertés et stoppant net l’ensemble de l’économie. Amorcée brutalement, la décroissance économique semble installée pour longtemps. La prochaine saison estivale sera très plate mais bénéfique à l’environnement : voitures et avions demeureront immobilisés et la consommation, minimale. Dès à présent, des rapports scientifiques font état d’une diminution significative de la pollution atmosphérique partout dans le monde. Voilà l’unique aspect positif de la situation actuelle. À la suite de cette déplorable dévastation, se profile l’opportunité du changement profond et durable de nos habitudes de consommateurs. Saurons-nous relever ce défi collectif pour aujourd’hui et les générations futures?

Jean Brière

Trois-Rivières