L’auteure de ce texte imagine ce que Philippe Couillard écrirait dans ses mémoires.

Ce que pourrait dire un certain politicien dans ses mémoires...

Je suis satisfait car nos décisions difficiles qui ont mené à l’austérité n’ont heureusement aucunement affecté ma famille et mes amis. Ceux qui se plaignent et critiquent doivent comprendre que c’était important pour eux de se serrer la ceinture encore plus. Moi, je respire très bien, n’ayant pas eu à me la serrer. J’ai monté dans l’échelle de Maslow et j’ai finalement atteint un poste très prestigieux. Mon ego s’en porte très bien.

Si je ne suis pas réélu, ma prime de départ et la hausse faramineuse des spécialistes en médecine, vont me permettre d’avoir une retraite dorée à l’abri des soucis financiers du petit peuple. Mes amis seront aussi à l’abri. En cette année préélectorale, que je prépare assidûment depuis ma prestigieuse nomination, il est important de distribuer des cadeaux au peuple afin de les inciter à voter de nouveau pour mon parti. La devise du Québec «Je me souviens» ne s’applique aucunement au peuple québécois car ce peuple oublie très rapidement, à mon grand avantage.

Comme tout bon politicien qui se respecte, je fais miroiter des promesses même si elles sont utopiques. Tant que le peuple ne réalise pas que les promesses de politicien sont pires que les promesses d’ivrogne, mon règne est assuré. Je subis des attaques mesquines de la part de mes adversaires mais je sais me défendre et j’utilise des techniques plus subtiles.

Le pouvoir et le prestige, pour nous politiciens, nous vont comme un gant. Une main de velours dans un gant de fer. Ce pourrait être aussi une main de fer dans un gant de velours. Je suis fier de mon confrère qui a travaillé d’arrache-pied afin d’augmenter le salaire des spécialistes en médecine, nos biens nantis de la société. Il s’agit maintenant de faire taire les infirmières et préposés qui, dans leur ingratitude, refusent de travailler plus de 90 heures par semaine et de faire du temps supplémentaire. Pour régler ce problème, il s’agit de faire preuve de bonne volonté et d’organisation. Je pourrais faire comme mon éminent confrère à Ottawa et amener ma famille en vacances payées par les contribuables mais je ne veux pas ternir mon image et me mériter une mauvaise réputation. De toute façon, je trouve la prise de selfies très exagérée dans son cas, au point de s’en rendre ridicule mais cela ne l’empêchera probablement pas de se faire réélire.

Les chefs des partis d’opposition convoitent mon prestigieux poste et je ne peux que leur dire: «À chacun son tour de profiter de la manne qui passe!» Je crois que l’économie va bien même si plusieurs personnes en ont souffert mais, ma grande fierté, est de n’avoir aucunement privé ma famille et mes amis. Je suis reconnaissant que ma famille n’ait pas eu subir les conséquences navrantes et désastreuses pour plusieurs, pendant les années d’austérité.

Il est impossible de satisfaire tout le monde dans notre belle province mais au moins une minorité de gens nous apprécient et parfois la minorité est tout ce que ça prend pour continuer notre montée. En résumé, mes accomplissements n’ont aucunement apporté de difficultés à ma famille et à mes nombreux amis, et je m’en félicite.

Bien à moi, je me salue respectueusement.

Anne-Sylvie Duquette

Saint-Boniface