Carrefour des lecteurs

Encadrement du travail bénévole: des questions demeurent

L’auteur, Luc Bélanger, est président-directeur général de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

Tous s’en souviendront: en février dernier, des parents bénévoles, qui avaient pris l’initiative de repeindre les murs défraîchis de l’école de leurs enfants, ont dû stopper les travaux, sous peine de recevoir une amende de la part d’une inspectrice de la Commission de la construction du Québec (CCQ) venue visiter le chantier. À la suite d’une certaine pression populaire et médiatique, le gouvernement du Québec a déposé, à la fin avril, une première version d’un projet de règlement visant à encadrer les travaux bénévoles de construction.

L’APCHQ, ainsi que la vaste majorité des intervenants de l’industrie de la construction, avait alors fait le constat suivant: le gouvernement en donnait plus que ce que le client en demandait. Soyons clairs: personne n’est contre le fait que des parents puissent effectuer quelques travaux mineurs pour améliorer l’environnement où leurs enfants passent une partie considérable de leur vie. Mais, il y a une marge entre peinturer des murs et refaire l’électricité ou la plomberie d’un édifice public. 

Dans les mois qui ont suivi, plus de soixante groupes ont fait parvenir au gouvernement leurs recommandations afin de mieux encadrer le travail bénévole en construction. Il y a quelques jours, le gouvernement a présenté la version finale du Règlement sur les travaux bénévoles de construction et elle est entré en vigueur jeudi. Le gouvernement a choisi de tenir compte de commentaires reçus et a apporté certaines modifications importantes à la version initiale, ce que nous devons souligner positivement. Bien que le Règlement contienne encore des lacunes, des améliorations sont à noter. La liste des travaux bénévoles permis est désormais plus limitée, tandis que la version finale du Règlement oblige désormais la présence sur les chantiers de personnes ayant les cartes de compétence appropriées pour plusieurs types de travaux. 

Deux problématiques demeurent avec la version finale. Premièrement, le Règlement ouvre encore tout grand la porte au travail au noir. Comment le gouvernement et la CCQ seront-ils en mesure de s’assurer que le travail effectué par des gens qui se déclarent bénévoles ne soit pas en fait du travail réalisé par des gens payés en dessous de la table? Il aurait été souhaitable que le gouvernement crée un registre du travail bénévole afin de suivre les activités bénévoles. Tous admettront qu’il y aura lieu de se poser de sérieuses questions si un groupe déclare à plusieurs reprises dans l’année qu’il fait du travail bénévole. Or, sans registre, il sera ardu pour les autorités gouvernementales de faire correctement les vérifications et enquêtes qui s’imposent dans ce genre de situation. Alors que le travail au noir est déjà préoccupant dans notre industrie, comme dans plusieurs autres, le choix de ne pas mettre en place un registre est plus que discutable.

Deuxièmement, des exigences plus élevées en matière de santé et sécurité du travail (SST) pour les travaux bénévoles autorisés auraient été de mise. La tenue seule d’une campagne de sensibilisation, comme l’a prévu le gouvernement, nous paraît nettement insuffisante. Les travaux autorisés par le Règlement ne sont pas tous sans risques pour la santé et la sécurité de ceux qui les exécutent. Certains travaux peuvent notamment être exécutés en hauteur. Sur les «vrais» chantiers, les travailleurs de la construction sont formés en matière de SST et des mesures de sécurité adéquates sont mises en place. Parce qu’il y a encore du chemin à faire pour améliorer le bilan des accidents de travail dans l’industrie. Comment alors expliquer le peu d’exigences en matière de SST pour les travaux bénévoles? Impossible pour nous de trouver une réponse logique. 

À propos d’Occupation double

Mais qu’est-ce que c’est que cette manipulation de l’être humain dans le simple but de donner un bon show? Où sera la limite d’Occupation double? 

Je suis d’accord, chaque participant s’est prêté au jeu. Chaque participant s’attendait à faire face à la différence de comportement, la différence humaine... Mais jusqu’à quel prix? Nous observons clairement un ébranlement émotif dû à une personne. 

Je suis sans mot et je trouve le tout déplorable pour l’espèce humaine que nous sommes. De nos jours, nous nous battons pour un monde meilleur, sain et équilibré. Pour un monde positif et serein. Et bang! Bienvenue l’hypocrisie et le négativisme.

Je reconnais que ce n’est qu’une émission, une simple téléralité. Le mot le dit: c’est la «réalité» des participants, bien sûr, dans un concept plus ou moins irréel. 

Maïthée Pellerin

Trois-Rivières

En faveur d’un État réellement laïque

Je suis pour un État réellement laïque. Je n’ai pas le choix. En effet, baptisé catholique depuis 91 ans, prêtre pratiquant depuis 66 ans, je suis bien obligé de penser comme les papes.

En effet, le 11 février 2005, s’adressant aux évêques de France, le pape Jean-Paul II déclara: «Le principe de la laïcité appartient à la doctrine sociale de l’Église, ce principe rappelle la nécessité d’une juste séparation des pouvoirs.» Plus près de nous, le pape François dialoguant avec Dominique Walton insistait: «L’État doit être laïque. Un pays laïque, c’est là où il y a de la place pour tout le monde. C’est la transcendance pour tous. L’État laïque respecte toutes les valeurs humaines.» En une autre occasion, le pape François avait lancé à des intellectuels français, reçus en audience: «Votre pays n’est pas assez laïque.» Avec un certain sourire!

Parlons donc de laïcité. Concrètement, sans la définir, car personne ne s’entend sur une définition. Comme les exemples vivants sont d’un autre pouvoir, prenons un cas, celui de notre cher de Gaulle. En 1958, le président Coty, craignant une guerre civile en France, rappela «le plus illustre des Français». Le Général, une fois au pouvoir, abolit la Quatrième République et instaura la Cinquième République, en lui conférant un caractère laïque.

Voici qu’un bon catholique, paroissien assidu à la messe dominicale de Colombey-les-Deux-Églises, se retrouve Président d’un État réellement laïque. Aucun problème, car ce président considère tout Français comme un citoyen, sans égard pour sa croyance ou son incroyance. Cette option personnelle, il la respecte et il évitera de la privilégier ou de la discréditer. C’est André Comte-Sponville qui a parlé de la laïcité comme «une façon de vivre ensemble, quelle que soit la religion ou l’irréligion des uns et des autres.»

Inutile de dire que de Gaulle, comme Président d’un État laïque a toujours reconnu et défendu le droit, pour tout citoyen, de croire ou de ne pas croire aux divinités invisibles. Jamais il n’aurait dérogé à la neutralité, imposée par la laïcité, en taxant de mensonges et d’inepties les convictions religieuses ou l’athéisme d’un citoyen français.

Rappelons que la fameuse loi de séparation de l’Église et de l’État n’avait rien d’oppressif à l’égard du religieux. L’article 1 de cette loi française, promulguée en 1905, stipulait que «la République assurait la liberté de conscience et garantissait le libre exercice des cultes.» Cette loi inspirée par Aristide Briand, un conciliateur né, visait à mettre un terme aux querelles religieuses du XIX siècle et à permettre une coexistence harmonieuse entre croyants et incroyants. 

En passant, soulignons un autre accroc à la laïcité: les propos récents de notre Gouverneure générale: «Pouvez-vous croire que nous continuons à débattre et à nous questionner à savoir si la vie provient droit d’une intervention divine?» Deux remarques s’imposent: placée en haute autorité, elle manque à la neutralité, en méprisant des convictions sincères de très nombreux Canadiens. Puis, qui lui a donné le mandat de parler, sur un sujet délicat, au nom de la Nation? Nous! Nous!

En toute laïcité, le respect de la croyance ou de l’incroyance est toujours de mise, surtout si l’on est placé au-dessus de la gent trotte menu.

Jean Panneton, prêtre

Trois-Rivières