Carrefour des lecteurs

Nous ne sommes pas dupes, M. Boisvert

Je ne peux m’empêcher de réagir avec vigueur aux commentaires de M. Jimmy Boisvert, candidat dans le district de La-Vérendrye, à la suite de l’obligation de la part du DGEQ d’annuler la fête d’Halloween qu’il voulait organiser en pleine campagne électorale.

«C’est bien dommage parce que tout le monde fait des promesses et moi, je passais à l’action.» M. Boisvert, si les autres candidats ne font pas ce genre d’actions, c’est tout simplement parce que c’est illégal. 

Vous le dites vous-même plus haut dans l’article: «Juste avec la fête d’Halloween, je dépassais le montant que j’ai le droit de dépenser». Voilà! C’est le point! 

La raison pourquoi les autres ne le font pas! 

Vous pouvez toujours tenter de faire passer vos adversaires pour des méchants qui pénalisent les enfants, la réalité, c’est que vous ne jouez pas à armes égales en transgressant la loi du DGEQ par l’acceptation de commandites pour une activité à caractère politique. Or, comme tous les candidats, vous et votre agent officiel avez certainement reçu toutes les informations concernant les règles qui s’appliquent et ne pouviez donc pas les ignorer.

Ces méthodes politiques électoralistes de l’ancien temps rendent les citoyens cyniques face à la politique et font qu’ils ne vont plus voter. La loi électorale est là pour éviter ce genre d’abus. 

Sans des règles strictes, dont une obligation de facturer tous les services reçus en lien avec la campagne, commandites ou dépenses faites, les candidats au conseil municipal pourraient faire des campagnes électorales d’une valeur de dizaines de milliers de dollars juste par leur capacité à obtenir des services gratuits (commandites).

On peut comprendre que ce soit triste d’annuler une fête pour les enfants, mais la loi est là pour éviter la collusion et offrir des chances égales à toutes les personnes désirant se présenter à des élections.

La loi s’applique à tous, y compris à vous M. Boisvert. 

Manon Morin

Trois-Rivières

Le monde est chatouilleux

De nos jours, certains sont devenus chatouilleux. À la moindre petite faille de quelqu’un d’autre, ils montent aux barricades. C’est l’exemple qu’a donné Richard Therrien dans une chronique publiée dans Le Nouvelliste, le 5 octobre dernier. Visiblement, M. Therrien 

n’aime pas du tout Luc Lavoie en regardant l’émission «La Joute» à TVA. 

Le titre de l’émission nous fait penser au sport, et c’est en effet un sport politique entre deux «un chum, c’est un chum». Ils mêlent l’utile à l’agréable et rendent la politique accessible à tous. Par cette émission, j’ai même découvert une partie de la personnalité de Bernard Drainville que j’ignorais.

Il sourit, il rit, il taquine son adversaire et parfois en vient à une discorde amicale. On a même ajouté 30 minutes de plus à l’émission depuis l’automne. C’est donc dire que les cotes d’écoute étaient bonnes. 

Il ne faut pas oublier que l’émission est en direct et peut être sujette à la spontanéité, ce qui fut le cas de Luc Lavoie avec son gag que l’on connaît. Il s’en est excusé mais en vain. Je suis curieuse de savoir qui a porté une plainte à la Sûreté du Québec. Une ou plusieurs personnes? Des fanatiques politiques? 

Le câblodistributeur a attendu que la Sûreté du Québec l’informe d’une plainte. Ce n’est sûrement pas de gaieté de cœur qu’il a suspendu Luc Lavoie. Son rire contagieux doit faire des jaloux. Si l’émission n’est pas assez sérieuse pour eux, ils n’ont qu’à regarder Les Ex sur RDI à la même heure ou s’en tenir à 24/60 ou aux Coulisses du pouvoir. 

Pour ma part, il me manque déjà. Parfois interviewé en tant qu’analyste politique aux nouvelles de 22 heures, il adopte son attitude sérieuse. Le contexte n’est pas le même.

Dans notre région, il y a aussi des chatouilleux. Je me réfère à la plainte contre «la prière du cow-boy». Faut-il avoir du temps à perdre! Ils n’ont qu’à entrer dans le lieu du rodéo après que la prière a été récitée si cela irrite leurs oreilles. Pourquoi avoir attendu 20 ans pour se plaindre? Que fait-on 

de la liberté d’expression? On les laisse s’exprimer en pleine page, eux. Ils s’appuient sur la loi «by the book» comme disent les anglophones. Un bon jugement a aussi sa place. 

Comme le dit très bien Mme Julie Boulet, «il y a tellement d’enjeux plus importants en ce moment à aborder».

La critique est facile à ceux qui ne font jamais rien.

Jocelyne Bruneau

Trois-Rivières

Le projet de loi 62: islamophobe?

Le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État, a été officiellement adopté, récemment, par les députés de l’Assemblée nationale. 

Cette loi a pour but de s’assurer que tous les services publics seront donnés et reçus à visage découvert.

Premièrement, le projet de loi 62 avait, à l’origine, le but d’interdire tout signe ostentatoire pour n’importe quel employé du gouvernement. 

Heureusement, le projet de loi déposé par le gouvernement Couillard à été plus simple. Sous prétexte de sécurité publique, désormais, il faudra donner et recevoir les services publics à visage découvert. 

Mais qui est-ce qui se couvre le visage dans notre société?

Le premier exemple qui me vient en tête est celui de la femme musulmane voilée.

C’est aussi le seul exemple que j’ai, et le seul exemple que nous avons, ici, au, Québec. 

Le problème ici, c’est que le problème reste en vie. 

À quoi cela va mener? À une meilleure sécurité pour ceux offrant les services publics? Quand est-ce qu’en premier lieu ces gens-là ont-ils été en danger en présence d’une femme voilée? Aucun incident relié à la sécurité publique impliquant une femme voilée ne s’est produit jusqu’à maintenant. C’est une peur injustifiée.

Et les droits des femmes là-dedans? 

Nous avons le stéréotype que les femmes voilées ne veulent pas porter le voile. 

Ce n’est pas un projet de loi qui va les libérer non plus. Ce n’est pas mieux, si elles sont forcées de le porter, si nous les forçons de ne pas le porter pour des raisons absurdes.

Comment un gouvernement peut-il moralement accepter de forcer des femmes de s’habiller d’une telle manière? 

Nous critiquons tant l’Arabie Saoudite et l’Iran pour forcer le port du voile, mais comment sommes-nous meilleurs en le bannissant? 

Simon Marois

Étudiant à l’école secondaire des Pionniers 

Trois-Rivières