Les auteures de cette lettre souhaitent une vision plus humaine de l’éducation.

Candidates et candidats, que voulez-vous pour l’éducation?

Les auteures, Claudia Cousin, Chantal Légaré et Suzanne Richard, sont respectivement présidentes du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges, du Syndicat de l’enseignement de la Mauricie et du Syndicat de l’enseignement de la Riveraine, tous trois rattachés à la FSE (CSQ).

Rares sont les journées, durant la campagne électorale, où on ne parle pas d’éducation, et les sujets abordés sont très variés. Mais il y en a un qui passe sous silence. Et pourtant, il est d’une importance capitale!

Depuis plusieurs années, une vision de l’éducation s’impose dans notre réseau scolaire. On parle beaucoup de performance, de cibles à atteindre et de statistiques. Ce mode de gestion axée sur les résultats qui guide trop souvent les décisions n’est pas sans conséquence. Il affecte le climat dans les établissements, le travail du personnel et, surtout, les élèves.

La recherche et des expériences internationales ont mis en relief les effets nuisibles de cette façon de faire et le personnel scolaire est aux premières loges pour les observer.

La course à la performance engendre un climat de compétition. Résultat: du stress chez les élèves, chez les parents et chez l’ensemble du personnel qui est tenu responsable de l’atteinte des résultats souhaités.

Les effets sont particulièrement flagrants chez le personnel enseignant qui est fortement encouragé, voire contraint, à revoir les notes de leurs élèves, à cibler les notions à leur enseigner en fonction de ce qui sera évalué lors des examens, à utiliser des méthodes pédagogiques bien précises sous prétexte qu’elles sont les plus efficaces, mais sans tenir compte de la réalité de leur classe.

Tout cela dans le but d’atteindre les résultats statistiques tant désirés. En plus d’être soumis à une forte pression pour réussir, les élèves peuvent se voir privés d’aspects importants de leur éducation.

Si nous ne sommes pas attentifs à cette réalité, nous franchirons un pas de plus vers la consolidation de cette vision de l’éducation, avec tous les effets indésirables qu’elle génère, puisque dorénavant, les projets éducatifs des établissements devront eux aussi obéir à cette logique statistique.

Vous, candidates et candidats aux élections provinciales, que comptez-vous faire avec cette situation? Plus fondamentalement, quel genre d’éducation voulez-vous pour nos jeunes et nos adultes en formation?

Une éducation où la finalité se résume à l’atteinte de cibles chiffrées, de résultats statistiques? Ou une vision plus humaine de l’éducation qui offre une véritable expérience éducative à tous, une expérience qui va au-delà de la réussite scolaire et qui prend en compte d’autres dimensions de l’éducation, plus difficilement mesurables, mais tellement essentielles. Nous souhaitons entendre votre position à ce sujet.

Le personnel scolaire est prêt à relever le défi. Sortez de cette logique de gestion et donnez-lui les conditions pour y travailler.