Ça va bien aller… mais pas comme avant

OPINIONS / En quelques semaines seulement, le monde a changé.

Pour un trop grand nombre d’entre nous le pire est devenu réalité. La mort a frappé. Que d’histoires, de secrets à jamais enfouis, disparus, de paroles éteintes, souvent restées nouées bien avant la COVID-19.

Des drames épouvantables se jouent dans des maisons.

Des couples se déchirent, la violence explose sous le regard éploré de leurs enfants.

Des personnes âgées dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) laissées à elles-mêmes dans des conditions inhumaines.

Nous sommes face à un virus qui s’attaque à toutes les dimensions de l’être humain.

«Ça va bien aller!»… Mais pas comme avant. Les experts le disent, le virus est là pour rester encore un bon bout de temps. Donc ça devra aller autrement.

Le temps de l’improvisation est terminé. Les grands discours, les belles promesses, le monde n’en veut plus. Il a soif du concret, de ce qui fait bouger les choses.

Les dirigeants des pays devront allier avec dextérité bien-être social et économie. Diriger un pays, une nation exige des qualités particulières associées à un grand humanisme. Celui ou celle dont le rêve est de se hisser au sommet n’est pas le candidat idéal pour une telle fonction.

Nos gouvernements, au Québec et au Canada, heureusement sont dirigés par des hommes soucieux de leurs concitoyens.

Et puis à chacun de nous, jeunes et vieux, incombe la responsabilité de développer une conscience sociale, celle qui va bien au-delà du rebord de nos petites vies.

Ce que nous exigeons de nos dirigeants doit bien émaner de quelque part. Les valeurs ne s’imposent pas d’elles-mêmes; il faut des cœurs pour qu’elles se créent et se multiplient.

Demain, sans doute nous serons moins riches qu’hier de toutes nos possessions et supposés sécurités matérielles.

Qui sait si nous n’aurons pas un jour pour seul horizon la vie qui bat, le sens qu’elle nous révèle chaque jour? Le bonheur n’est-il pas contenu dans l’instant qui passe?

Trop pressés de passer au temps d’après nous laissons s’échapper la moindre goûte d’intensité, celle qui pourrait fixer quelque chose de beau en nous.

C’est de cette beauté sans artifice qui rayonne, illumine le regard de ceux et celles qui en sont porteurs dont le monde a besoin pour se convertir à l’autrement, à l’authenticité.

Hélène Arseneault

Trois-Rivières