Ces motos sont stationnées illégalement à la place Pierre-Boucher, une situation courante et pourtant ignorée par les policiers qui y passent. Le problème du bruit causé par les motos et par les voitures modifiées au centre-ville a été soulevé plusieurs fois par les signataires de cette lettre. Aujourd’hui, devant l’inaction de la Ville et de son service de la sécurité publique, ils baissent les bras et s’apprêtent à quitter le centre-ville.

Bye-bye, centre-ville de Trois-Rivières!

Il y a dix ans, nous avons quitté Grand-Mère pour nous installer au centre-ville de Trois-Rivières (rue des Forges, au sud de Notre-Dame Centre) afin de profiter des activités culturelles, gastronomiques et festives sans avoir à nous déplacer ni à trouver un stationnement.

Il va de soi que nous savions alors les bruits inhérents à la vie urbaine et les acceptions. Nous avons joui de cette fenêtre exceptionnelle sur les multiples activités de Trois-Rivières durant plusieurs années. Mais depuis trois ou quatre ans, tout bascule. 

Le centre-ville est de plus en plus envahi par les hordes de motos pétaradantes qui y ont tous les droits y compris celui de stationner partout impunément: tant aux endroits clairement identifiés comme prohibés aux motos qu’aux endroits non prévus comme aires de stationnement, et ce, sous le regard indifférent et souvent complice des policiers du centre-ville. Bientôt, ils géreront le centre-ville, si ce n’est déjà fait… pas les policiers, mais les motocyclistes.

Et c’est encore pire en ce qui concerne les voitures à pots d’échappement délibérément bruyants qu’on entend venir de loin, descendre la rue des Forges et culminer en une apothéose sonore au tunnel de la rue du Fleuve. Ces passages se font fréquemment en salves de plusieurs véhicules bien identifiables et souvent les mêmes. Ces machines à bruit viennent massacrer le paysage sonore, jour et nuit. Pour un passant, c’est une expérience désagréable passagère. 

Pour un résident, c’est un milieu de vie détruit par la répétition des agressions, 30 fois par soirée, 250 fois par semaine, 1000 fois par mois… Pourtant ces voitures délinquantes n’apportent rien à l’économie locale puisqu’elles ne font que passer pour rejoindre leur point de rassemblement situé dans le stationnement du tunnel (sans même payer le stationnement) et leurs conducteurs profitent de l’endroit pour synchroniser leur cerveau reptilien à la fréquence sonore de leur joujou. 

En somme, nous souhaitions presque une augmentation des activités festives puisqu’elles entraînent une fermeture des rues qui a l’avantage d’éloigner temporairement les agresseurs sonores.

Nous écrivons cette lettre en appui à tous ceux qui continueront à vivre au centre-ville de Trois-Rivières. Ce qui ne sera plus notre cas. Nous quittons le centre-ville en raison de ces agressions sonores qui détériorent notre quotidien. 

Nous avons déployé bien des efforts, alerté certains médias, expliqué nos doléances au conseil municipal et effectué moult démarches auprès des autorités responsables incluant quelques séances de travail, sans effet tangible jusqu’à maintenant. 

Il y a des solutions pas si compliquées qui exigent une écoute des citoyens et une volonté politique. Par nos votes de dimanche prochain, nous espérons un changement qui permettra peut-être une vision autre du centre-ville favorisant autant le résidentiel que le commercial.

Linda Chandonnet

Alain Léger

Trois-Rivières