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Bravo Sonia! Bravo Simon?

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OPINION / «Bravo Sonia!». Voilà comment le premier ministre accueillait l’adoption du projet de loi 66 visant, entre autres, l’agrandissement du cégep Dawson et de l’université McGill, et ce, pour plusieurs centaines de millions de dollars. Pour se faire une idée du besoin que ces projets visent à combler, une incursion dans Pourquoi la loi 101 est un échec de Frédéric Lacroix est éclairante.

Au Québec, les anglophones constituent 8,1 % de la population. Les cégeps anglophones disposent (données provisoires de 2018) de 19 % des places et les universités anglophones 25,4 %. À Montréal, l’effectif des cégeps anglophones est de 40 % du total et devrait à terme atteindre les 50 %. Depuis 2001, les anglophones sont minoritaires dans les cégeps de leur langue.

En 2010, on a constaté que, suite à leurs études collégiales en anglais, 91 % des allophones et 80 % des francophones avaient l’intention de poursuivre leurs études universitaires en anglais. En 2017, 8586 diplômés de Dawson, John Abbott et Vanier se sont inscrits dans les universités anglaises; 993 se sont inscrits dans les universités de langue française.

Le Cégep Dawson sélectionne 30 % des candidats qui font une demande d’admission. En 2017, le cégep Vanier a eu 6448 demandes pour 3536 places disponibles pendant que les demandes d’admission au secteur français de Montréal ont diminué de plus de 10 %. Résultat, à Montréal, la cote R moyenne et le taux de réussite au cégep anglais sont nettement supérieurs à ceux du secteur français.

Et je ne parle pas des universités où le portrait est encore plus désespérant et au bilinguisme qui s’est insinué et a progressivement érodé la vitalité de la langue française, spécialement à Montréal que d’aucuns considèrent comme une ville bilingue avec prédominance de l’anglais.

Dans ce contexte, la poursuite de ces projets favorables à Dawson et McGill revient à continuer à financer le déclin de notre propre langue. L’expression «se tirer dans le pied» semble appropriée ici…

Le ministre Jolin-Barrette nous promet des «mesures fortes» de soutien du français en 2021. L’application des limites à l’accès au cégep anglophone (modèle «loi 101») semble incontournable.

Souhaitons que les «mesures fortes» du ministre Jolin-Barrette nous porteront à nous écrier: «Bravo Simon!». À cet égard, son patron semble moins empressé.

Dur temps pour les politiciens qui se prétendent à la fois fédéralistes et nationalistes.

René Hould

Trois-Rivières