J’aime Hydro a été présentée à Shawinigan le 9 mars dernier.

Bravo Shawinigan!

OPINION / Le samedi 9 mars dernier, j’ai assisté à la présentation de J’aime Hydro, ce spectacle que ma fille, Christine Beaulieu, a écrit, qu’elle coproduit avec sa brillante collègue Annabel Soutar et qu’elle joue depuis bientôt quatre ans dans de nombreux théâtres du Québec.

J’ai pris l’habitude d’écouter en «streaming» ce spectacle partout où il est présenté en province. J’aime voir et revoir ce spectacle chaque fois que c’est possible car je suis en mesure d’apprécier les nombreuses réactions du public et les quelques modifications que Christine et son équipe y apportent d’une fois à l’autre pour mettre à jour la pièce ou encore pour l’améliorer. Il faut dire que j’ai, jusqu’à ce jour, vu ce spectacle cinq ou six fois dans différentes salles, à Montréal, à Québec et à Trois-Rivières. Je peux vous affirmer qu’il n’y a pas deux publics semblables.

La dernière représentation de ce spectacle à la salle Philippe-Filion du Centre des arts de Shawinigan m’a beaucoup remué. Je me suis aperçu que les questions évoquées dans cette pièce sur les enjeux énergétiques du Québec résonnaient d’une façon toute particulière à Shawinigan. Les échos entre les thèmes de la pièce et l’histoire de la ville de Shawinigan étaient vibrants.

Shawinigan est pour moi non seulement une ville voisine, où j’y ai passé quelques années de ma vie, mais aussi une ville qui est au centre de la nationalisation de l’électricité réalisée par les libéraux de Jean Lesage. Je crois d’ailleurs que cette ville a été, malheureusement, la plus grande perdante de la concrétisation même de cette nationalisation. En effet, la Shawinigan Water and Power était jadis un atout très important et très singulier pour Shawinigan car elle attirait de nombreuses compagnies locales ou internationales de productions ou de transformations qui, elles, avaient un grand besoin d’électricité. Qu’on le veuille ou non, cette compagnie a fait rayonner le nom de Shawinigan partout dans le monde. Elle a donné à cette ville un attrait plus qu’intéressant pour toutes ces entreprises très énergivores. Shawinigan pouvait négocier de meilleurs tarifs d’électricité pour ces compagnies sur promesse de s’y établir (aluminerie, papeterie, produits chimiques, peinture, etc.).

De 1957 à 1960, j’étais moi-même étudiant pensionnaire au Jardin de l’enfance de Shawinigan Nord (Saint-Charles-Garnier). Les religieuses Dominicaines du Rosaire, que je remercie pour la qualité de l’éducation prodiguée, venaient tout juste d’emménager dans une construction toute neuve sur cette montagne qui devait leur rappeler l’ancien site aussi exceptionnel de la rue Hemlock. À cette époque, il faut bien le dire, Shawinigan était une ville très prospère. Elle était bien loin de ces titres peu enviables qu’elle a obtenus, bien malgré elle par la suite, avec des records de chômage.

«Plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer ce déclin: mauvais état des relations patronales-ouvrières, insuffisance de la promotion industrielle, nationalisation de l’électricité qui aurait pénalisé les régions périphériques productrices d’électricité au profit de Montréal», écrit Normand Brouillette dans Les facteurs du déclin industriel de Shawinigan, province de Québec.

La nationalisation aurait dû, à mon avis, compenser les nombreux avantages perdus. Est-ce que Shawinigan aurait pu négocier des redevances pour une période de temps déterminé afin de lui permettre une certaine transition moins douloureuse?

Enfin, j’ai adoré cette représentation de J’aime Hydro à Shawinigan. J’y ai vu un spectacle des plus intéressants. Des comédiens en feu (bravo à «La Cric» et à ses deux comparses Mathieu Gosselin et Mathieu Doyon), des spectateurs grandement éveillés et attentifs qui réagissaient promptement et admirablement à toutes ses émotions ressenties: rires, exclamations, doutes, inquiétudes, détresses, interrogations, joies, tristesses, émerveillements, déceptions. Tout y était. De plus, je dois dire enfin que j’y avais convié personnellement plusieurs membres de ma famille afin de leur permettre de voir pour la première fois le show de ma fille J’aime Hydro.

Merci à toi Shawi, je te donne la palme bien méritée du meilleur public à ce jour!

René Beaulieu

Papa de Christine

Trois-Rivières