Le monument, buste de Laviolette.

Bochart, Laviolette et la controverse

En réaction à l’article de Mathieu Lamothe intitulé «Bochart ou Laviolette?», publié dans notre édition du 19 novembre dernier.

Le journaliste Mathieu Lamothe nous apprenait lundi dernier que l’historien Yannick Gendron publiera le printemps prochain son livre portant sur l’implication de Théodore Duplessis-Bochart dans la fondation de Trois-Rivières. Gendron y soutiendra que Bochart a joué un plus grand rôle que Laviolette dans la fondation de notre ville. Ce sera donc avec 15 ou 18 mois de retard que ce livre verra le jour. En effet, monsieur Gendron en avait promis la publication pour décembre 2017.

Mais la thèse qu’il a publiée en 2009 dans le beau livre Rencontrer Trois-Rivières sous le titre «L’énigmatique La Violette» a-t-elle évolué? Voyons un peu.

Le livre dont la publication était prévue pour décembre 2017 portait le titre: Bochart, fondateur de Trois-Rivières, alors que le titre du livre à venir porte celui de Bochart, personnage clé de notre histoire. Aussi, Gendron nous dit maintenant que Laviolette a bel et bien existé, ce qu’il niait en 2009. Enfin, et c’est ça qui est nouveau, il déplore maintenant qu’il n’y ait de place que pour un seul individu lorsqu’il s’agit de déterminer le fondateur d’une ville. Il dit: «c’est une équipe qui est arrivée ici».

Pourtant, la question principale est bel et bien de savoir qui Champlain a envoyé ici pour commander la nouvelle habitation lors de sa fondation, c’est cela qui importe.

On se rend bien compte que la thèse de monsieur Gendron a été diluée avec les années. En effet, étant difficilement capable de démontrer sa thèse, il décide maintenant de noyer Laviolette et Bochart dans le groupe de personnes, certaines connues, d’autres pas, présentes lors de la fondation de notre ville, idée qu’il n’avait jamais soulevée auparavant.

D’ailleurs, pour monsieur Gendron, Laviolette apparaît maintenant comme un simple pilote de navire chargé de conduire gens et bagages à Trois-Rivières, alors que le jésuite Davost écrit bien dans nos premiers registres d’état civil que Laviolette est commandant du fort de 1634 à 1636. C’est un écrit authentique!

J’ai fait la critique de la thèse de monsieur Gendron l’année dernière dans ma brochure «Le Catalogue des Trépassés, le Sieur de Laviolette et la fondation de Trois-Rivières» et il n’y avait aucun doute dans mon esprit que la thèse de Gendron, selon laquelle Bochart serait le vrai fondateur de notre ville, à la place de Laviolette, ne tenait pas la route. Cette thèse tient du roman et non de l’Histoire.

Évidemment, cet article ne contient aucune révélation sur les supposées nouvelles découvertes de monsieur Gendron. On a droit qu’à du réchauffé dont j’ai déjà disposé dans ma brochure. Par exemple, l’idée de Gendron que Bochart était protestant. C’est oublier que le cardinal de Richelieu avait exigé en janvier 1632 que tous ceux qui partaient pour la Nouvelle-France cette année-là devaient être catholiques, Bochart compris. C’est oublier aussi que Bochart a agi à titre de parrain lors de deux baptêmes catholiques et qu’il fait des dons à l’église des jésuites de Québec. Est-il allé à la messe, a-t-il communié? Bien sûr que oui, autrement on l’aurait suspecté. Non, à moins de preuve formelle au contraire, on doit considérer que Bochart était catholique. Alors, où est-elle cette preuve? Gageons qu’elle n’existe pas, voilà tout!

Au lieu d’écorcher ses confrères historiens en les traitant de laxistes et de paresseux, il aurait mieux valu pour monsieur Gendron d’exposer ne serait-ce qu’en résumé l’essentiel de ses nouvelles découvertes, sans argumentation et sans références, les gardant pour publication ultérieure.

Une rue, un parc au nom de Bochart: oubliez ça!

Guy Héroux

Trois-Rivières