Sonia LeBel est la candidate de la Coalition avenir Québec dans Champlain.

Bienvenue dans Champlain, Madame LeBel

L’auteur, Steven Roy Cullen, est candidat de Québec solidaire dans la circonscription de Champlain.

Madame LeBel,

Maintenant que le tumulte autour de votre arrivée dans la circonscription de Champlain s’estompe un peu, je me permets de faire ce qui aurait dû être fait depuis le début: vous souhaiter la bienvenue. La joute électorale ne devrait pas nous épargner les règles de bienséance les plus élémentaires. Vous constaterez de toute façon rapidement, si ce n’est déjà fait, que les gens de la Mauricie sont de nature chaleureuse et accueillante. Bienvenue dans Champlain, Madame LeBel.

Avant de vous offrir un rapide tour de la maison, je dois vous confier me réjouir de votre arrivée puisque votre présence alimentera la discussion démocratique qui s’annonce et votre statut de candidate vedette aidera peut-être aussi les préoccupations locales à trouver écho sur la scène nationale. Et celles-ci sont nombreuses...

Notre circonscription a subi une profonde transformation depuis la dernière élection. La Mauricie s’est en effet vue amputée d’une partie de sa voix au profit d’un redécoupage de la carte électorale. Si notre région a perdu en influence, le poids de nos aspirations demeure. Vous le découvrirez, Champlain est un vaste territoire habité par près de 70 000 citoyennes et citoyens. Si le vieillissement de la population est un phénomène observable partout au Québec, il est particulièrement aigu chez nous puisque 22 % des nôtres sont âgés de plus de 65 ans. Les revenus de nos gens sont plutôt modestes, le revenu annuel moyen dans Champlain étant d’environ 5000 $ sous la moyenne provinciale.

Notre région subit les contrecoups de la mondialisation et nous tentons de nous y adapter. Notre secteur manufacturier a connu de profonds changements, dus notamment au déclin des secteurs de l’exploitation et de la transformation des ressources naturelles. Plusieurs usines ont fermé leurs portes ou réduit leurs activités. Des milliers d’emplois industriels ont été perdus. Nous sommes dans un processus de diversification économique. L’économie sociale s’impose comme un acteur incontournable de ce recadrage. Elle est présente dans une multitude de secteurs: centres de la petite enfance, loisir et tourisme, services aux personnes, environnement et ressources naturelles, arts et culture, habitation, agroalimentaire, etc.

L’agriculture, importante sur notre territoire, fait face à de nombreux défis. La diminution du nombre de fermes et l’augmentation de leur superficie, cumulées au phénomène de spéculation du prix des terres, créent une situation où la relève agricole devient difficile à assurer. Le climat d’incertitude qui règne autour des discussions sur les accords internationaux, sur la gestion de l’offre et sur la mise en marché commun n’ont rien pour rassurer nos agriculteurs. L’agriculture, tout comme la forêt, fait partie de l’identité des gens de chez nous.

Notre circonscription englobe évidemment une partie de la Ville de Trois-Rivières. Elle aussi tente de se redéfinir dans un cadre économique en mutation. De plus, si les données font état d’un taux de chômage en diminution au cours des dernières années, certaines données viennent cependant assombrir le portrait. Ainsi, la durée moyenne du chômage a augmenté au cours des dernières années en Mauricie, passant de 26 semaines en 2012 à plus de 29 en 2016. Les emplois à temps partiel, surtout occupés par des femmes, représentent 21,5 % des emplois de la Mauricie contre 19,1 % à l’échelle du Québec.

Notre région doit également composer avec un déficit démocratique depuis quelques années. L’abandon de la Politique nationale de la ruralité par le gouvernement Couillard a vu de larges portions de notre territoire dépossédé d’outils de développement qui avaient fait leurs preuves. Et que dire de la disparition, ici comme ailleurs, des lieux de concertation et de mobilisation régionale que constituaient les Conférences régionales des élus. Nous en avions une particulièrement dynamique et proactive avant son abolition par le gouvernement libéral.

Voilà bien sommairement la situation à laquelle vous aurez à vous frotter au cours des prochains mois. Nous aurons l’occasion de débattre des solutions que nos formations respectives entendent mettre de l’avant pour répondre aux nombreux défis auxquels font face les gens de chez nous. Les occasions de divergence seront évidemment nombreuses, souhaitons toutefois qu’au final les électeurs et électrices de Champlain sortent gagnant de la discussion qui s’annonce.