BANQ: amie, partenaire d’affaires ou les deux?

Si on lisait ces mots: «Il faut être prudent. Il ne faut pas mélanger les gens qu’on aime avec les décisions d’affaires et l’argent qui nous lient», on croirait qu’on parle d’une histoire de cœur entre deux personnes qui ont osé mélanger leur histoire d’amour et leurs liens d’affaires. On aurait raison. Ces paroles sont de Sylvain Cossette et Andrée Watters.

Mais, c’est pourtant aussi ce que vivent en ce moment les services d’archives privées agréés du Québec (SAPA) face à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) depuis l’annonce, inattendue et très impopulaire, de modifications majeures dans les programmes de subventions qui lient ces partenaires.

Comment régler la question? Est-ce possible de revenir en arrière et convenir que certains aspects de la réforme vont trop loin? Qui est dans son droit? Qui a tort? Une chose est certaine, l’inquiétude est tangible et les relations entre ces «partenaires privilégiés», comme ils le disent eux-mêmes, sont, pour le moins, empreintes d’un souffle hivernal. 

Quoi qu’il en soit, personne ne peut douter de l’importance de l’institution nationale qui, en plus, a bien voulu être présente et rayonnée, particulièrement dans le domaine des archives, dans dix régions du Québec. Quant aux SAPA, ils œuvrent et sont appréciés comme organismes culturels dans pas moins de 33 circonscriptions électorales du Québec; même que certains desservent un plus vaste territoire en matière d’acquisition d’archives privées.

N’y aurait-il pas moyen pour BAnQ d’accepter d’ouvrir le dossier pour consentir une place à des accommodements, mot très à la mode en ce moment. Bien sûr que les SAPA n’ont pas l’envergure de l’institution nationale, mais tous ont leur place sur l’échiquier. Ne devraient-ils pas avoir voix au chapitre?

Les questions soulevées dans plusieurs médias concernant leurs revendications, tant par les SAPA eux-mêmes ou par leur regroupement, principalement en matière de besoins financiers, m’apparaissent justifiées. Le retard de l’État à prendre conscience du bien-fondé de revoir à la hausse son investissement pour permettre aux SAPA de mener convenablement leur mission de conservation, d’acquisition, de traitement et de diffusion d’archives privées, est vraiment malheureux. 

Toutefois, de toute évidence, ce combat, les SAPA auront à le faire à une autre table. Sans doute que la nouvelle ministre de la Culture, madame Marie Montpetit, sera invitée à convaincre ses collègues du Conseil des ministres de l‘urgence d’agir. Et je ne parle pas ici d’une simple promesse électorale.

Suzanne Girard

Archiviste à la retraite

Trois-Rivières