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Avenir de l’information régionale : qu’attend le gouvernement pour agir?

Les médias de l’information au Québec, et comme dans le reste du monde entier, connaissent une profonde mutation. La révolution numérique et l’émergence des géants du Web, qui viennent accaparer une part grandissante des revenus publicitaires, forcent une remise en cause des modèles d’affaires traditionnels. Le Québec n’y échappe pas, comme le démontre la situation des quotidiens régionaux de Groupe Capitales Médias et la fermeture, depuis 2010, de 57 hebdos régionaux partout sur notre territoire.

Face à ce phénomène, le précédent gouvernement libéral avait mis de l’avant des mesures structurantes pour stimuler le virage numérique de nos médias avec une enveloppe de près de 100 M$. Il s’agit là d’une pierre d’assise intéressante sur laquelle construire l’action future du gouvernement en la matière.

À la fin du mois d’août, la Commission de la culture et de l’éducation se penchera, dans le cadre de son mandat d’initiative, sur l’avenir des médias de l’information et entendra les différents acteurs de ce milieu à la recherche de solutions pour appuyer l’ensemble des artisans de l’information au Québec.

Ces consultations arrivent à point nommé devant l’incapacité du gouvernement d’apporter une vision cohérente et innovante à cette problématique. En effet, depuis maintenant près d’un an, le gouvernement caquiste et la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, tergiversent sur les moyens additionnels pour remédier à une cette crise qui s’accentue, démontrant une absence de vision déconcertante et inquiétante, et ce, malgré l’urgence de la situation. Un comité ministériel a été formé en avril et aucune proposition n’a été mise de l’avant depuis.

Le Parti libéral du Québec a formulé, au cours des derniers mois, de nombreuses propositions en matière de culture qui sont restées sans réponse de la part du gouvernement caquiste, notamment à l’effet d’utiliser les sommes découlant de la taxation des géants du web afin de créer un fonds pour la production de contenu québécois. Nous continuerons de faire des propositions innovantes et constructives.

En ce sens, nous avons hâte d’échanger avec les acteurs du milieu ainsi que de soumettre de nouvelles idées qui reposeront sur cinq grands principes qui nous guideront tout au long de cet exercice.

1- Tout d’abord, les Québécois méritent de l’information régionale de qualité qui leur ressemble.

2- De même, il faut appuyer nos médias de l’information dans leur volonté d’innover et de s’adapter aux nouvelles réalités.

3- Toutes les actions en soutien à nos médias devront avoir comme fil conducteur la préoccupation constante de préserver leur indépendance.

4- En matière fiscale, tout le monde doit jouer selon les mêmes règles. Nos entreprises médiatiques ne doivent pas souffrir d’un désavantage parce qu’elles respectent nos lois, c’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement libéral avait pris la décision audacieuse de taxer Netflix.

5- Finalement, les Québécois doivent avoir un gouvernement qui croit fermement en nos médias de l’information et qui est prêt à les appuyer.

Il faut passer de la parole aux actes et le gouvernement doit sortir de sa torpeur estivale et faire preuve de leadership. Une décision urgente doit être prise afin de sauver nos quotidiens régionaux. De plus, il est encore inexplicable, à nos yeux, que le gouvernement n’ait pas réduit ses placements publicitaires auprès des géants du web, pour plutôt favoriser les médias et les journaux de chez nous, et ce, malgré une motion unanime adoptée par l’Assemblée nationale à cet effet.

C’est dans un esprit résolument constructif que nous abordons la consultation qui s’amorce sur l’avenir des médias, parce que nous ressentons une grande fierté devant la créativité et l’innovation qui caractérise nos artisans de l’information. En leur donnant l’appui et le soutien requis, ils sauront traverser cette crise, au bénéfice de tous les Québécois.

Il faut agir urgemment pour sauver l’information de qualité partout au Québec.

Isabelle Melançon

Députée de Verdun

Porte-parole libérale en matière de culture et de communications