Au Marché Massicotte...

J’ai grandi à l’ombre de l’église Saint-Odilon où s’articulait toute une vie de village. On y trouvait de tout: Chaussures St-Odilon, Coiffure Laurier Blanchette, bureau de poste du monsieur avec la pipe qui sentait pas bon, caisse pop, écoles Saint-Coeur de Marie et Chapais, Quincaillerie P.H. Poliquin (mon grand-père), Dépanneur Gignac et Lamy (chez nous), etc.

Il y avait aussi le Marché Massicotte situé à la frontière de notre territoire permis, car si on la traversait on se faisait frapper par une voiture ou nos parents, avertissement ferme.

Vers l’âge de 10 ans, à l’ère Goldorak, nous somme allés prendre un sac de patates dans le congélateur extérieur et René nous a attrapés. Ce fut une bonne leçon, c’est là qu’on a compris que Goldorak ne vole pas de patates.

À chaque fois que j’y mets les pieds, j’entends encore ma mère me dire: «Va chercher une livre et demie de steak Boston délicatisé tranché mince».

Récemment, j’ai appris qu’ils vont fermer ce 8 juin. C’était pour moi la dernière parcelle de ce temps révolu, de cette vie de quartier, le temps où la jasette était souvent plus longue que les emplettes.

Merci à René, à Alain et à toute l’équipe pour ces nombreuses années de bons services. Bonne chance pour vos transitions de vies.

Et René... excuse-moi encore pour les patates!

Claude Lamy

Trois-Rivières