François Legault

Au lieu de vouloir rapatrier l’impôt...

En 1940, le premier ministre du Québec Adélard Godbout rapatrie des impôts de la province du Québec. Cette relative autonomie fiscale s’avéra de courte durée.

En 1942, pour financer la participation du Canada à la Guerre mondiale le premier ministre Mackenzie King décide de rapatrier tous les impôts des provinces. La conscription n’ayant pas été très populaire au Québec, cette initiative ne sera pas sans conséquence.

En 1947, Maurice Duplessis, de retour au pouvoir comme premier ministre du Québec, crée un impôt provincial sur le revenu des corporations. Mais Duplessis ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Une bataille s’amorce avec Ottawa.

Le 24 février 1954, Duplessis annonce enfin un impôt provincial sur le revenu des particuliers, il exige 15 % de l’impôt sur le revenu versé au fédéral. Le gouvernement canadien n’entend pas céder ce taux d’un seul coup. Après avoir négocié serré pendant des mois, Ottawa cède au Québec le droit de percevoir 10 % de ses impôts

Pourquoi Duplessis tenait tant à cet impôt? Pour permettre au gouvernement québécois de mieux contrôler ses finances sans attendre après Ottawa. Les réformes du gouvernement de Jean Lesage durant la Révolution tranquille ont d’ailleurs été possibles en partie grâce à l’impôt provincial.

En 2019, François Legault, premier ministre du Québec, n’a pas été élu avec environ 40 % pour percevoir les impôts du fédéral et créer du chômage. L’impôt fédéral, c’est 5000 emplois bien payés par Ottawa.

Maurice Duplessis était plus intelligent, il voulait administrer les biens de la province du Québec pour avoir un meilleur contrôle sur les finances de la province du Québec et non du fédéral.

Monsieur le premier ministre Legault, organisez plutôt des délégations composées de directeurs d’entreprise et envoyez-les dans plusieurs pays qui ont des gens qualifiés prêts à venir combler les besoins de main-d’œuvre. Employez du personnel pour traiter les 18 000 demandes d’immigrants quand 5000 attendent leur certificat de citoyen canadien et qu’ils travaillent depuis quatre ans et possèdent leur maison ici.

Guy St-Pierre

Louiseville