Les professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières ont officiellement rejeté l’offre finale de la direction de l’UQTR.

Attitude méprisante et indigne du recteur

Réactions de professeurs de l’UQTR à la conférence de presse du recteur

Les professeurs de l’UQTR ont voté à 87 % pour le rejet de l’offre patronale, de lundi à mercredi. Le taux de participation historique de 75 %, à un moment de l’année où les professeurs en colloque à l’international n’ont pas le droit de voter à distance montre bien qu’ils tenaient à exprimer leur désaccord.

Un peu avant la conférence de presse du recteur Daniel McMahon, la ministre Hélène David a affirmé qu’à «la suite du résultat du vote des membres du syndicat des professeurs et professeures de l’UQTR, j’ai convoqué aujourd’hui les deux parties à une rencontre de travail qui aura lieu demain à Québec». Elle a aussi confié à RDI qu’une entente négociée était toujours préférable.

À sa conférence de presse de 15 h, le recteur McMahon a mentionné que le Syndicat ne négociait pas de bonne foi et ne faisait pas de concessions. Or, les médias ont déjà rapporté les concessions importantes faites par le Syndicat. Lors de sa conférence de presse, le recteur a aussi souligné l’importance de l’équité lorsqu’il est question des demandes salariales. Faut-il rappeler que l’augmentation salariale du recteur est de l’ordre de 4 % annuellement, ce qui est bien au-delà des demandes syndicales.

Le recteur a suggéré avoir été obligé d’envoyer illégalement l’offre patronale aux professeurs(es) car le syndicat ne consultait pas ses membres. Il dit être bâillonné, ne pouvant pas expliquer ses offres directement alors qu’il a surtout été blâmé pour ses agissements. Le recteur s’est même adressé directement à l’exécutif syndical, laissant entendre que les négociateurs nommés n’étaient pas de bons interlocuteurs à la table de négociation. Plus spécifiquement, il a aussi laissé entendre que le Syndicat cachait de l’information à ses membres et que les choses seraient plus simples si les élus étaient compétents pour comprendre des données financières. Pourtant, à sa propre demande, après qu’il ait rejeté une offre syndicale qui faisait déjà plusieurs concessions (5 juin), le syndicat a soumis l’offre patronale globale et finale aux professeurs(es) (6 juin) et a immédiatement convoqué une assemblée générale, puis un vote sur les offres. Et cela, dans le contexte où plusieurs professeurs(es) sont absents(es) pour participer à des conférences et colloques internationaux.

La haute direction de l’UQTR coupe court à la négociation en déposant directement des offres sans considération pour le processus de médiation en cours. Chaque fois que la haute direction s’exprime dans l’espace public, c’est sous la forme de menaces à peine voilées à l’égard des professeurs. Il est important de rappeler que 70 % des professeurs ont signé une lettre demandant la démission du recteur. La majorité des professeurs doute de la capacité de cette administration à gérer l’UQTR dans le contexte. C’est ce que signifie pour nous ce vote massif et c’est ce que nous entendons autour de nous.

L’attitude méprisante du recteur envers nous et nos négociateurs n’est pas digne d’un recteur d’université, ou de tout chef d’établissement. Il dit être bâillonné par le tribunal alors qu’il a été blâmé par celui-ci et que tous ceux qui connaissent un minimum les lois du travail savent que ce qu’il a fait est illégal, ce qui a été reconnu par le tribunal. Aussi, il est clair que la haute administration entretient chez les cadres un climat de loyauté absolue envers l’employeur, ce qui est contraire aux valeurs universitaires de liberté académique et du droit à la dissidence. Seul le recteur négocie dans l’espace public.

La partie patronale a quitté la table de négociation en présentant une offre globale et finale. Les professeurs, eux, voulaient et veulent toujours continuer à négocier. De ce que nous avons compris, c’est aussi ce que souhaite la ministre. Espérons que cette rencontre de négociation en sa présence, jeudi, sera profitable.

Gilles Bronchti

professeur titulaire et directeur du département d’anatomie.

Lyne Cloutier

professeure titulaire,
département des sciences infirmières

Johannes Frasnelli

professeur agrégé, département d’anatomie, titulaire de la Chaire de recherche UQTR en neuroanatomie chimiosensorielle

Hughes Leblond

professeur titulaire, département d’anatomie, directeur de programme de cycles supérieurs en science biomédicale.

Sylvie Miaux

professeure agrégée département d’études en loisir, culture et tourisme

Éliane Moreau

professeure titulaire,
département de marketing

Raphael Proulx

professeur titulaire, département des sciences de l’environnement, titulaire de la Chaire de recherche en intégrité écologique

Étienne St-Jean

professeur titulaire,
Institut de recherche sur les PME

Diane St-Laurent

professeure agrégée, 

département de psychologie

Georgia Vrakas

professeure agrégée en psychoéducation