L’auteur de cette lettre considère que l’intervention de la conseillère Mariannick Mercure auprès du candidat conservateur Yves Lévesque était grotesque et bassement politique.

Après Vision zéro, c’est maintenant «Démocratie zéro»

OPINIONS / Je suis un résident du district électoral des Forges. Depuis vendredi dernier, j’ai envie de me couvrir le visage tellement la conseillère municipale de mon district m’expose à la honte. Son intervention hautement médiatisée, par ses bons soins, auprès d’Yves Lévesque candidat conservateur aux élections du 21 octobre prochain, pose un grave problème d’éthique, de décorum et un manque total de savoir-vivre tout court.

Manifestement, cette intervention grotesque était bien préparée avec la complicité d’autres conseillers municipaux: Denis Roy derrière la caméra ainsi que Luc Tremblay aussi présent et du sourire béat du conseiller Bélisle. Ce fut une intervention bassement politique.

Mariannick Mercure affirme, sans aucun ménagement, que l’individu Yves Lévesque n’a aucun droit d’être présent à cette manifestation en faveur du climat. De quel droit peut-elle s’ériger ainsi en juge pour définir qui peut ou ne peut pas participer à une marche publique d’une telle envergure? Après avoir manqué totalement de discernement dans la pseudo-consultation citoyenne dans le dossier de Vision zéro, avec les taxes de contribuables trifluviens, elle récidive en décrétant qu’Yves Lévesque n’a aucun droit de participer à cet évènement. Où en est la démocratie?

Pour un, je me suis longuement opposé à certains projets d’Yves Lévesque lors de son passage à la mairie trifluvienne. Les débats ont toujours été empreints de civilité et de respect. Cet individu a consacré près de vingt ans à la chose publique à Trois-Rivières. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, cet individu a le droit à notre respect. Les conseillers municipaux qui ont participé à cette mise en scène se sont conduits comme des enfants d’école, d’où ma honte profonde.

Pour parodier l’évangile, Mariannick Mercure voit la paille climatique dans l’œil d’Yves Lévesque mais ne voit pas la forêt entière dans le sien. Cette dernière a voté la construction de résidences dans le secteur de la rue Tebbutt, un milieu humide.

À la séance du conseil municipal du 18 décembre 2018, Mariannick Mercure a présenté le Plan directeur du Club de golf des Vieilles-Forges. Elle propose et fait voter par le Conseil la Résolution C-2018-1480, Convention avec la compagnie 9196-0799 Québec Inc. (Golf les Vieilles-Forges). Elle affirme, par écrit, «je peux vous parler des négociations que j’ai personnellement menées avec les promoteurs».

Qu’est-ce que ces interventions signifient en langage clair? La Ville autorise la construction de 447 logements dans un espace de 502 901 mètres carrés, ce qui concrétise le changement complet de vocation de ce golf et l’autorisation de procéder à l’abattage de 90 % des arbres matures de ce territoire dont certains sont tricentenaires. La disparition de cette forêt va créer au nord de la ville un îlot de chaleur, merci madame Mercure. Dites-moi donc, qui est le «criminel climatique»?

Madame Mercure a déclaré et je cite: «j’ai toujours été un peu cynique face aux politiciens et je me suis lancée en politique pour changer les choses». Est-ce que son intervention de vendredi dernier est dans cette philosophie ou n’est-ce pas la manière traditionnelle de faire de la politique en accusant les autres pour ses propres carences? Et elle ajoute: «et que je n’y ai probablement pas ma place». Madame Mercure qu’attendez-vous pour donner suite à ce moment de lucidité?

J’ai honte d’être représenté par une conseillère qui ne respecte pas les citoyens et citoyennes qui ne partagent pas vos opinions radicales.

Pierre Clouâtre

Trois-Rivières