Apprendre et vivre la démocratie à l’école

OPINIONS / L’auteur, Pierre Reid, est le Directeur général des élections du Québec.

Une société démocratique s’épanouit grâce à des citoyennes et des citoyens engagés qui s’informent, qui s’expriment, qui votent, qui discutent et qui ouvrent des débats. En 2020, qu’en est-il de l’éducation citoyenne et à la démocratie dans le parcours scolaire des élèves du Québec? Lors de ses activités de formation en milieu scolaire, mon équipe observe que les apprentissages des élèves à cet égard découlent davantage de l’initiative d’enseignantes et d’enseignants plutôt que d’un programme universel dispensé à toutes et à tous. Dans ce contexte, comment assurer l’équité des chances de développer ces savoirs fondamentaux dans notre société démocratique?

Des gens de tous les âges et de tous les milieux me disent que le manque de connaissances sur le processus électoral, de même que la difficulté de s’informer et de comprendre les enjeux afin de faire un choix éclairé, peut les dissuader d’aller voter et de s’engager. C’est pourquoi je suis convaincu que l’éducation à la citoyenneté démocratique doit être intégrée dans le parcours scolaire de chaque élève. Ainsi, nos jeunes auront l’occasion de développer des compétences qui leur permettront d’exercer une citoyenneté active et responsable, notamment en se rendant aux urnes.

Je suis donc ravi de constater la présence du thème participation citoyenne et démocratie dans la consultation réalisée par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur portant sur la révision du programme d’études Éthique et culture religieuse. Selon moi, ce programme d’études révisé doit assurer une place de choix à l’éducation à la citoyenneté démocratique. C’est dans cet esprit que j’ai déposé le mémoire Apprendre et vivre la démocratie à l’école, accessible sur le site Web d’Élections Québec, dont je reprends ici quelques idées.

Il m’apparaît important de réfléchir aux qualités et aux compétences qu’on souhaite développer chez les citoyennes et les citoyens. Qu’attend-on des jeunes lorsqu’ils seront adultes? Je crois que pour maintenir la vitalité de notre démocratie, nous devrions former des personnes qui sont en mesure de passer à l’action, de contribuer au bien commun et d’agir sur les sources d’inégalités.

Pour que l’éducation à la démocratie ait les effets escomptés, la démarche d’apprentissage doit commencer tôt dans la vie, bien avant qu’une personne ait l’âge de voter. La capacité des enfants à comprendre des notions liées à la démocratie est souvent mise en doute. Or, si des notions de sciences et de mathématiques peuvent être expliquées en termes simples, je crois qu’il en va de même pour la démocratie.

Il me semble essentiel de permettre à nos jeunes d’expérimenter concrètement la démocratie. Au-delà d’un programme d’éthique enrichi d’une compétence spécifique liée à l’éducation à la citoyenneté démocratique, les élèves peuvent vivre la démocratie représentative par l’entremise de leur conseil d’élèves. L’école, en tant que microsociété, peut fournir de multiples occasions d’ancrer ce type d’apprentissage dans la pratique.

Je suis persuadé que l’école est le meilleur milieu pour former les générations futures de façon équitable et universelle. Cela dit, d’autres acteurs peuvent aussi y contribuer. Par exemple, Élections Québec met en œuvre depuis près de 30 ans, en collaboration avec différents partenaires, une diversité d’initiatives afin de faire grandir la culture démocratique chez les jeunes. J’invite donc tous les acteurs concernés par l’éducation à unir leurs forces pour permettre à tous les élèves du Québec de faire des apprentissages et de vivre des expériences liées à la citoyenneté démocratique tout au long de leur parcours scolaire. Mon équipe et moi ne manquerons pas de poursuivre nos efforts en ce sens.